De l’Aumône

CHAPITRE PREMIER. -De l’obligation de payer l’aumône.

– De ces paroles du Coran : Observez la prière et donnez l’aumône. – Ibn-‘Abbâs a dit : « Abou-Sofyân m’a rapporté un hadith du Prophète en disant : « Il nous ordonne la prière, la dîme, l’union avec les parents et la chasteté. »
 
Selon Ibn-‘Abbâs, le Prophète envoya, dans le Yémen, Mo’âdz en lui disant : « Invite les habitants de ce pays à attester qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu et que je suis l’Envoyé de Dieu. S’ils se conforment à cette invitation, enseigne-leur que Dieu leur a prescrit cinq prières pour chaque jour et chaque nuit. S’ils les pratiquent, enseigne-leur que Dieu a prescrit de faire l’aumône en prenant une partie des biens des riches pour les remettre aux pauvres. »

D’après Abou-Ayyoub, un homme dit au Prophète : « Indique-moi un acte à accomplir qui me fera entrer dans le Paradis. — Que veut-il ? que veut-il ? s’écria-t-on dans l’assistance ? — Oh ! répondit le Prophète, c’est une chose bien simple. Tu adoreras Dieu ; tu ne lui associeras aucune chose ; tu observeras la prière, tu payeras la dîme et tu seras unis avec tes parents. »

 Selon Abou-Horaïra, un arabe vint trouver le Prophète et lui dit : « Indique-moi une œuvre qui, lorsque je l’aurai accomplie, me fera entrer au paradis. — Tu n’as qu’à adorer Dieu, répondit le Prophète ; à ne lui associer aucune chose, à observer la prière canonique ; à payer la dîme prescrite et à jeûner pendant le ramadân. — Par celui qui tient ma vie entre ses mains ! répliqua le bédouin, je ne ferai rien autre chose que cela. — Que celui, dit alors le Prophète, qui veut avoir la joie de contempler un de ceux qui seront du nombre des habitants du Paradis, regarde cet homme. »

Ibn-‘Abbâs a dit : « Une députation des ‘Abdelqaïs vint trouver le Prophète. « Nous, déclarèrent les membres de cette députation, nous sommes de la tribu de Rabî’a, et nous sommes séparés de toi par les infidèles de la tribu de Modar en sorte que nous ne pouvons parvenir jusqu’à toi que dans les mois sacrés ; donne-nous tes instructions, nous les suivrons et nous engagerons ceux que nous avons laissés derrière nous à les suivre également. — Je vous ordonne, répondit le Prophète, de faire quatre choses et de vous abstenir de quatre choses également. Je vous ordonne la foi en Dieu, c’est-à-dire l’attestation qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu, — et, ce disant, il compta ainsi sur ces doigts en les fermant, — l’observation de la prière, le payement de la dîme et le versement du cinquième du butin que vous aurez fait. Je vous interdis l’emploi des gourdes, des jarres noires, des tonnelets formés d’un tronc de palmier évidé et des outres enduites de poix. »

Selon Hammâd, la foi en Dieu c’est l’attestation qu’il n’y a pas d’autre divinité que Dieu.

Abou-Horaïra a dit : « Quand l’Envoyé de Dieu fut mort, que Abou-Bakr fut au pouvoir et qu’un certain nombre d’Arabes eurent renié leur foi, ‘Omar dit à Abou-Bakr : « Comment vas-tu combattre ces gens-là, alors que l’Envoyé de Dieu a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre les gens tant qu’ils n’auront pas attesté qu’il n’y a pas d’autre divinité que Dieu, car quiconque a prononcé cette formule a rendu pour moi sa vie et sa fortune inviolables, sauf le cas où il est responsable d’après la loi. En dehors de cela, il n’a de comptes à régler qu’avec Dieu ? — Par Dieu ! répondit Abou-Bakr, je veux combattre quiconque s’est affranchi de la prière et de la dîme, car la dîme est obligatoire pour les biens. Par Dieu ! quand ils ne me refuseraient qu’une chèvre parmi les redevances qu’ils payaient à l’Envoyé de Dieu, je les combattrais à cause de ce refus. — Par Dieu ! s’écria ‘Omar, il faut que Dieu ait inspiré Abou-Bakr, car je reconnais qu’il a raison. »

 
CHAPITRE II.

– Du serment de fidélité avec promesse de payer la dîme. – « S’ils se repentent, qu’ils observent la prière et qu’ils payent la dîme ils seront (de nouveau) vos frères en religion » (sourate IX, verset 11).
 
Djâbir-ben-‘Abdallah a dit : « Je prêtai serment de fidélité au Prophète en m’engageant à faire la prière, à payer la dîme et à aider de mes conseils tout musulman. »


CHAPITRE III. – Du péché commis par celui qui refuse la dîme. – De ces paroles du Coran : « Et ceux qui amassent l’or et l’argent et ne le dépensent point…goûtez ce que vous avez amassé (sourate IX, verset 34-35).
 
Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « Alors les chameaux, en meilleur état qu’ils n’étaient (sur terre), s’avanceront contre leur maître qui n’aura pas payé la dîme qu’il devait à leur et le fouleront sous leurs pieds, tandis que (les béliers) lui donneront des coups de corne. — Vous devez traire les animaux quand ils ont bu (il était d’usage de distribuer du lait aux pauvres et cette distribution se faisait à l’aiguade après que les animaux avaient bu. Cette phrase est donc une invitation à faire l’aumône. A noter la présence des animaux au Jugement dernier.). — Et, ajoute le Prophète, au jour de la Résurrection, que l’un de vous, portant sur son cou un mouton bêlant, ne vienne pas me dire : « Ô Mohammed (intercède pour moi), » car je lui répondrai : « Je ne puis rien pour toi ; je t’avais annoncé (ce que tu avais à faire. ») Qu’un autre, portant sur son cou un chameau grognant, ne vienne pas me dire : « Ô Mohammed (intercède pour moi) », car je lui répondrai : « Je ne puis rien auprès de Dieu pour toi. Je t’avais annoncé (ce que tu devais faire). »

D’après Abou-Horaïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « Celui à qui Dieu aura des biens et qui n’en aura pas payé la dîme, Dieu, au jour de la Résurrection fera apparaître ces biens sous la forme d’un python à la tête chauve, avec deux excroissances de chair. Le jour de la Résurrection, ce python s’enroulera autour du cou de cet homme ; il le prendra dans ses mâchoires et dira : « Je suis ton bien, je suis ton trésor. » Ensuite le Prophète récita ce passage du Coran : « Qu’ils ne comptent pas, ceux qui sont avares, etc. » (sourate III, verset 75).


CHAPITRE IV. – Ce qui paie la dîme n’est pas une somme thésaurisée (pour comprendre le titre de ce chapitre il faut se rappeler que le Coran interdit aux musulmans de thésauriser, quand la dîme fut établie, on craignit que cette prohibition n’eût pour conséquence de diminuer, sinon de tarir les sources de la dîme, et il fut décidé, pour ne point contrevenir au texte du Coran, que tout capital payant la dîme ne serait point considéré comme thésaurisé.). – Conformément aux paroles du Prophète : au-dessous de la valeur de cinq onces il n’y pas de dîme.
 
Khâlid-ben-Aslam a dit : « Nous étions en route avec ‘Abdallah-ben-‘Omar lorsqu’un arabe lui dit : « Donne-moi quelques renseignements au sujet de ces paroles du Coran : « Et ceux qui amasse l’argent et l’or… » (sourate IX, verset 34). — Celui qui amasse l’argent, répondit Ibn-‘Omar, et qui ne paye pas la dîme, malheur à lui ! » Ceci se passait avant que la dîme eût fait l’objet d’une révélation. Lorsque la révélation eut lieu, Dieu fit de la dîme une purification de la fortune. »

D’après Abou-Sa’îd, le Prophète a dit : « Au-dessous de cinq onces il n’y a pas de dîme ; au-dessous de cinq chameaux, il n’y a pas de dîme ; au-dessous de cinq charges (de grains ou de dattes à, il n’y a pas de dîme. »

Zaïd-ben-Wahb a dit : « Comme je passais à Er-Rabadza j’y trouvai Abou-Dzarr. « Pourquoi, lui demandai-je, habites-tu ici ? — J’étais en Syrie, répondit-il ; là j’ai été en désaccord avec Mo’âwia au sujet de ces mots du Coran : « Ceux qui amassent de l’or et de l’argent et qui ne le dépensent point dans la voie de Dieu (sourate IX, verset 34) ». Mo’âwia prétendait que ce verset s’appliquait à nous (musulmans) tandis que je soutenais qu’il s’appliquait à nous et à eux (c’est-à-dire aux chrétiens et aux juifs également. L’influence de Abou-Dzarr était si grande qu’elle portait ombrage non seulement à Mo’âwia, simple gouverneur alors, mais au calife ‘Otsmân lui-même). Nous nous sommes brouillés à cette occasion. Il a alors porté plainte contre moi à ‘Otsmân et celui-ci m’a écrit de venir à Médine. Je m’y rendis et, les gens s’étant amassés autour de moi comme s’ils ne m’avaient jamais vu, je rapportais la chose à ‘Otsmân, qui me dit : « Si tu voulais t’éloigner et aller habiter à peu de distance d’ici ! » Telle est la raison qui m’a fait résider en cet endroit. On m’aurait intimé l’ordre d’obéir à un abyssin (esclave) que j’aurais écouté cet ordre et l’aurais suivi. »

El-Ahnaf-ben-Qaïs a dit : « J’étais assis auprès d’un groupe de Qoraïchites lorsque arriva un homme grossier de chevelure, de vêtements et d’aspect. Il se tint debout, salua et dit : « Annonce aux thésauriseurs la bonne nouvelle suivante : On fera rougir pour eux une pierre dans le feu de la Géhenne, on appliquera cette pierre sur le bout du sein de l’un d’eux et on l’y laissera jusqu’à ce qu’elle pénètre jusqu’à la clavicule de l’épaule ; on la posera ensuite sur la clavicule de l’épaule, jusqu’à ce qu’elle pénètre jusqu’au bout du sein en s’agitant. » Cela dit, l’homme s’en retourna et alla auprès d’un pilier. Je le suivis et m’assis à côté de lui sans savoir qui c’était. « Je ne pense pas que ce que tu as dit à ces gens ait eut d’autre résultat que de leur causer de la répulsion. — Ils ne comprennent rien de ce qu’a dit mon ami, répondit-il. — Et quel est ton ami ? demandai-je. — Mon ami, répliqua-t-il, c’est le Prophète qui m’a dit : Ô Abou-Dzarr : vois-tu le mont Ohod ? » Alors, regardant le soleil pour voir ce qu’il restait de jour, car je pensais que l’Envoyé de Dieu voulait me charger d’un message pour quelque affaire, je répondis : « Oui ». — Ah ! reprit-il, que je voudrais avoir une quantité d’or égale à la montagne de Ohod, dépenser tout cet argent et ne garder que trois dinars. » Ces gens-là ajouta Abou-Dzarr, ne comprennent point : ils ne songent qu’à amasser des richesses. Eh bien, non, par Dieu ! non, je ne leur demande pas d’argent et ne leur expliquerai plus leur devoir de religion jusqu’à ce que j’aille rejoindre Dieu. »


CHAPITRE V. – Du fait de dépenser de l’argent pour des choses qui le méritent.
 
Ibn-Mas’oud rapporte qu’il a entendu le Prophète dire : « On ne doit être jaloux que de deux choses : de l’homme qui, ayant reçu la fortune de Dieu, est obligé de la perdre en l’employant utilement, et de l’homme qui, ayant reçu la sagesse de Dieu, en fait usage et l’enseigne.


CHAPITRE VI. – De l’ostentation dans l’aumône (dans tout ce titre il est question à la fois de la dîme et de l’aumône. L’usage que l’on doit faire des produits de la dîme explique assez bien cette confusion, puisque la dîme n’est en réalité qu’une aumône obligatoire dont la répartition, au lieu d’être libre, est soumise à des règles fixes.), suivant ces paroles du Coran : « Ô vous qui croyez, ne détruisez point l’effet de vos aumônes par les reproches et les mauvais procédés…, car Dieu ne dirige point les infidèles. » (sourate II, verset 266). Dans ce verset, Ibn-‘Abbâs explique le mot sold par une chose contre laquelle on ne peut rien. ‘Ikrima dit que wâbil signifie une forte pluie et tall, la rosée.


CHAPITRE VII. -Dieu n’accepte pas une aumône dérobée au butin. Il n’accepte que celle qui provient d’un gain honnête, conformément à ces paroles du Coran : « Une bonne parole et de l’indulgence valent mieux qu’une aumône suivie de mauvais procédés. Dieu est riche et clément. » (sourate II, verset 265).


CHAPITRE VIII. – L’aumône doit provenir d’un gain honnête, d’après ces paroles du Coran : « Il donnera aux aumônes un bénéfice usuraire. Dieu n’aime aucun incrédule criminel. Certes ceux qui ont cru, qui pratiquent les bonnes œuvres, qui accomplissent la prière et payent la dîme auront leur récompense auprès du Seigneur. Ils n’auront aucune crainte à avoir et ils ne seront point attristés. » (sourate II, verset 277).
 
D’après Abou-Horaïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « Quiconque fera l’aumône d’une charge de dattes provenant d’un gain honnête, — et Dieu n’accepte que ce qui est honnête, — Dieu le recevra de sa main droite et il élèvera cette aumône pour son auteur, de même que l’un de vous élève son poulain, jusqu’à ce que cette aumône soit comme une montagne. »


CHAPITRE IX. – Il faut faire l’aumône avant qu’on ne puisse la refuser.
 
Hâritsa-ben-Wahb a dit : « J’ai entendu le Prophète prononcer ces paroles : « Faites l’aumône, car il viendra un temps où l’homme s’en ira avec son aumône sans trouver quelqu’un qui veuille l’accepter. — Ah ! si tu étais venu hier, dira l’homme à qui on l’offrira, je l’aurais acceptée, mais aujourd’hui je n’en ai plus besoin. »

Selon Abou-Horaïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « L’heure du Jugement dernier n’arrivera pas avant que, parmi vous, les richesses n’affluent et ne dérobent en sorte que l’homme qui aura des biens sera embarrassé de trouver quelqu’un qui accepte son aumône, car, quand il l’offrira à quelqu’un, celui à qui il l’aura offerte lui dira : « Je n’en ai nul besoin. »
‘Adyy-ben-Hâtim a dit : « J’étais auprès de l’Envoyé de Dieu quand deux hommes vinrent le trouver : l’un d’eux se plaignit de la misère ; l’autre des détrousseurs de route. « Quant au brigandage sur les routes, répondit l’Envoyé de Dieu, tu n’auras guère à en souffrir qu’autant que les caravanes se rendront à la Mecque sans être protégées par un défenseur. En ce qui concerne la misère, l’heure du Jugement dernier ne viendra pas avant que l’un de vous se promène en vain avec son aumône sans trouver quelqu’un qui veuille l’accepter. Après cela, chacun de vous sera debout devant Dieu ; il n’y aura entre lui et l’Eternel aucun voile et aucun interprète ne sera chargé de traduire ses paroles. Dieu dira sûrement alors : « Ne t’ai-je point donné la fortune ? — Oui, répondra le fidèle. — N’ai-je pas envoyé vers toi un Envoyé ? — Oui, répondra-t-il. » Et alors le fidèle regardera à sa droite et ne verra que le feu de l’Enfer ; puis il regardera à sa gauche et il ne verra également que le feu de l’Enfer. Que chacun de vous redoute le feu de l’Enfer. Qu’il fasse donc l’aumône, fût-ce de la moitié d’une datte ; et, s’il n’a pas autre chose, qu’il fasse l’aumône d’une bonne parole. »

D’après Abou-Mousa, le Prophète a dit : « Certes il viendra un temps pour les hommes où celui qui se promènera avec une aumône de pièces d’or ne trouvera personne qui veuille l’accepter. On verra alors un seul homme suivi par quarante femmes, qui se réfugieront auprès de lui, tant il y aura pénurie d’hommes et abondance de femmes.
 
 
CHAPITRE X. — Redoutez l’Enfer (en faisant l’aumône) fût-ce d’une moitié de datte ou en donnant la moindre aumône. – Ils ressemblent ceux qui dépensent leurs biens…dans lesquels il y a toutes sortes de fruits (sourate II, verset 267-268).
 
Abou-Mas’oud a dit : « Quand le verset relatif à l’aumône fut révélé, nous nous mîmes à porter des charges (moyennant salaires). Un homme vint qui fit une aumône considérable. Tout le monde dit : « C’est par ostentation ». Un autre vint qui fit l’aumône d’une mesure (de dattes). Tout le monde de dire alors : « Dieu n’a pas besoin de cette mesure de dattes. » Dieu révéla aussitôt ce verset : « Ceux qui critiquent les croyants qui donnent largement les aumônes, ainsi que ceux qui ne se les procurent qu’avec peine… » (sourate IX, verset 80).

Abou-Mas’oud-El-Ansâri a dit : « Quand l’Envoyé de Dieu nous donna l’ordre de faire l’aumône, certains d’entre nous se rendaient au marché et faisant le portefaix gagnaient un modd (une mesure de grain), tandis qu’aujourd’hui il est des gens qui en possèdent cent mille. »

Adyy-ben-Hâtim a dit : « J’ai entendu le Prophète prononcer ces mots : « Redoutez l’Enfer (en faisant l’aumône) fût-ce d’une moitié de datte. »

 ‘Âïcha a dit : « Une femme accompagnée de deux de ses filles se présenta et demanda l’aumône. Je n’avais rien autre chose qu’une seule datte. Je la donnai à cette femme qui la partagea entre ses deux filles, et n’en mangea point. Cette femme se leva et sortit ; puis le Prophète entra. Je lui racontai la chose et il dit alors : « Celui qui, pour ses filles, se sera privé de la moindre des choses la retrouvera pour le protéger contre le feu de l’Enfer. »


 
CHAPITRE XI. – Du mérite de l’aumône faite par l’avare bien portant, conformément à ces paroles du Coran : « Ô vous qui croyez, dépensez (en aumône) une partie des biens dont nous vous avons gratifiés avant que vienne un jour où ni engagement, ni amitié, ni intercession n’auront de valeur. Les infidèles sont les pervers » (sourate II, verset 255). – Dépensez (en aumône) une partie des biens dont nous vous avons gratifiés avant que la mort ne vienne…(sourate LXIII, verset 10).
 
Abou-Horaïra a dit : « Un homme vint trouver le Prophète et lui dit : « Ô Envoyté de Dieu, quelle est l’aumône qui sera la plus largement récompensée ? — C’est, répondit-il, celle que tu fais toi, homme bien portant et avare, qui redoutes la pauvreté et ambitionnes la richesse. N’attends pas que tu sois sur le point de rendre l’âme pour dire : « Ceci est pour un tel ; ceci est pour un tel, car alors ces choses appartiendront à un tel (ton héritier).

D’après ‘Âïcha, quelques-unes des femmes du Prophète dirent à ce dernier : « Quelle est celle de nous qui sera la première à aller te rejoindre (après ta mort) ? — Celle dont la main sera la plus large, répondit-il ». Aussitôt elles prirent un roseau et se mesurèrent ; c’était Souda qui avait la main la plus large. Plus tard, nous apprîmes que la largeur de main dont il s’agissait était l’aumône. Ce fut en effet Souda qui fut la première à aller rejoindre le Prophète, et elle aimait à faire l’aumône.

CHAPITRE XII. – De l’aumône faite publiquement et de ces paroles du Coran : Ceux qui dépensent (en aumône) leurs biens nuit et jour, en secret et en public…(sourate II, verset 275).

CHAPITRE XIII. – De l’aumône en secret. – Abou-Horaïra a dit d’après le Prophète : « Un homme a fait une aumône et il l’a dissimulée de façon que sa main gauche n’a pas su ce que faisait sa main droite. » — De ces paroles du Coran : « …Si vous faites l’aumône publiquement, c’est bien ; mais si la faites en secret et que vous alliez vous-même trouver les pauvres, cela vous vaudra mieux… » (sourate II, verset 273).

CHAPITRE XIV. – De celui qui, sans le savoir, fait l’aumône au riche.
 
Abou-Horaïra a rapporté que l’Envoyé de Dieu a dit : « Un homme avait dit : « Je vais faire une aumône. » Puis il partit avec son aumône et la mit dans la main d’un voleur. Le lendemain, comme on (les juifs) parlait de cette aumône faite à un voleur, le même homme dit : « Ô mon Dieu, louange à toi ; je vais faire une aumône. » Puis il partit avec son aumône et la déposa dans la main d’une femme adultère.
Le lendemain on parla de cette aumône faite la veille à une femme adultère. Le même homme dit encore : « Ô mon Dieu ! louange à Dieu qui m’a fait donner l’aumône à une femme adultère. Je vais faire encore une aumône. » Puis il partit avec son aumône et la mit dans la main d’un riche. Le même homme s’écria alors : « Ô mon Dieu ! louange à toi qui m’as fait donner l’aumône à un voleur, à une femme adultère et à un riche. » Cet homme vit en songe quelqu’un qui lui dit : « L’aumône que tu as faite à un voleur servira peut-être à lui enlever dorénavant le désir de voler. Celle faite à une femme adultère la portera peut-être à s’abstenir de l’adultère, et, quant à celle faite à un riche, il y verra peut-être un exemple à imiter et il dépensera (en aumônes) une partie des biens que Dieu lui a donnés. »


CHAPITRE XV. – De celui qui, sans le savoir, fait l’aumône à son fils.
 
Ma’n-ben-Yazîd a dit : « Je prêtai serment de fidélité à l’Envoyé de Dieu en même temps que mon père et mon grand-père. Le Prophète fit une demande en mariage pour moi et me maria. Puis j’allai lui exposer le grief suivant : Mon père avait tiré (de sa bourse) un certain nombre de dinars pour en faire des aumônes, et il remit cet argent à un homme qui se trouvait dans la mosquée. Quand je vins à la mosquée je pris une de ces parts d’aumônes et la portai à mon père qui me dit : « Par Dieu ! ce n’est pas à toi à qui je voulais donner. » J’allai demander à l’Envoyé de Dieu de se prononcer sur notre différent et il le fit en ces termes : « Ô Yazîd, tu seras récompensé pour ton intention ; et toi, ô Ma’n, garde ce que tu as reçu. »

CHAPITRE XVI. — L’aumône se fait de la main droite.
 
D’après Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « Il y a sept (catégories de personnes) que Dieu protégera de son ombre, le jour où il n’y aura plus d’autre ombre que la sienne : l’imam équitable ; le jeune homme qui grandit dans l’adoration de Dieu ; l’homme attaché par le cœur aux mosquées ; deux hommes qui, s’aimant réciproquement en Dieu, se réunissent pour Dieu et se séparent à cause de lui ; l’homme qui, appelé par une femme d’une haute situation et jolie, répond : « Je crains Dieu » ; l’homme qui, faisant une aumône, la dissimule en sorte que sa main gauche ignore ce qu’a dépensé (en aumônes) sa main droite ; enfin l’homme qui, mentionnant Dieu dans la solitude, a les yeux inondés de larmes. »

Hârista-ben-Wahb-El-Khozâ’i a entendu le Prophète dire : « Faites l’aumône (maintenant), car un temps viendra où l’homme ira vainement offrir son aumône. La personne à qui il l’offrira lui répondra : « Si vous me l’aviez offerte hier, je l’aurais acceptée, mais aujourd’hui je n’en ai plus besoin. »

CHAPITRE XVII. — De celui qui charge son serviteur de faire l’aumône et ne la pratique pas lui-même. – D’après Abou-Mousa le Prophète a dit : « Dans ce cas, le serviteur est pour une part de l’aumône faite. »
 
D’après ‘Âïcha, le Prophète a dit : « Quand une femme fait l’aumône de la nourriture de son ménage sans gaspillage, elle aura une récompense pour la charité qu’elle a faite ; son mari aura une récompense puisqu’il a gagné l’argent du ménage. Le gardien des provisions aura également une part et la part de l’un ne diminuera en aucune façon la part des autres. »

CHAPITRE XVIII. — Pas d’aumône sinon avec le superflu de la richesse. – Il n’est pas admis que quelqu’un fasse l’aumône quand il est dans le besoin, lui ou les siens, ou qu’il a des dettes. Il est préférable, dans ce dernier cas, qu’il emploie son argent à s’acquitter plutôt qu’à faire l’aumône, affranchir un esclave et faire une donation. Il ne lui appartient pas de faire disparaître l’argent d’autrui. – Le Prophète a dit : « Quiconque prend le bien d’autrui dans le dessein de l’anéantir, Dieu l’anéantira lui-même. » — Il faut excepter toutefois celui qui est connu par sa résignation ; il pourra s’imposer cette privation même s’il est dans la misère. C’est ainsi que fit Abou-Bakr lorsqu’il donna tout son bien en aumônes. – C’est également une privation de ce genre que s’imposèrent les Ansâr vis-à-vis des Mohâdjir. – Le Prophète a interdit de faire périr les biens ; il n’est donc pas permis de faire périr celui d’autrui sous prétexte d’aumône. – Ka’b-ben-Mâlik a rapporté qu’il dit : « Ô Envoyé de Dieu, certes je voudrais pour ma pénitence me dépouiller de mes biens et en faire aumône à Dieu et à son Envoyé. » « Garde une partie de ton bien, lui répondit le Prophète, cela vaudra mieux pour toi. » « Eh bien, répliquai-je, je garderai ma part que j’ai à Khaïbar. »
 
Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « La meilleure aumône est celle qui est faite avec le superflu de la richesse. Commence à donner à ceux que tu dois nourrir. »

D’après Hakîm-ben-Hizâm, le Prophète a dit : « La main la plus haute vaut mieux que la main la plus basse. Commence par ceux que tu dois nourrir.
La meilleure aumône est celle faite avec le superflu de la richesse ; celui qui demandera à être sage, Dieu lui accordera de l’être ; celui qui demandera à être riche, Dieu l’enrichira. »

D’après ‘Abdallah-ben-‘Omar : pendant qu’il était en chaire, parlant de l’aumône, de l’abstinence et de la mendicité, l’Envoyé de Dieu a dit : « La main la plus haute vaut mieux que la main la plus basse. La plus haute c’est celle qui donne, la plus basse c’est celle qui reçoit.3

CHAPITRE XIX. -De celui qui reproche ce qu’il a donné, selon ces paroles du Coran : « Ceux qui dépensent (en aumônes) leurs biens dans la voie de Dieu, puis qui ne font pas suivre leur aumône d’un reproche ou d’un mauvais traitement… » (sourate II, verset 264).

CHAPITRE XX. -De celui qui veut se hâter de faire l’aumône le jour même.
 
D’après ‘Oqba-ben-El-Hârits, le Prophète faisait la prière de l’après-midi ; il se hâta, puis rentra chez lui et ne tarda pas à revenir. Je lui en fis l’observation – ou, suivant une variante : on lui en fit l’observation. – « J’avais, répondit-il, oublié de la poudre d’or destinée à être donnée en aumônes ; il m’a répugné de remettre la chose au lendemain et alors je suis allé la distribuer. »

 
CHAPITRE XXI. – De l’encouragement à faire l’aumône et du fait d’inviter les autres à la faire.
 
Ibn-‘Abbâs a dit : « Un jour de fête, le Prophète se rendit à la mosquée ; il pria deux rika’ qu’il n’avait encore jamais faites et qu’il ne fit plus désormais. Puis, accompagné de Bilâl, il se dirigea vers les femmes, leur adressa des exhortations en leur enjoignant de faire l’aumône. Alors chaque femme se mit à jeter (dans le manteau de Bilâl) ses bracelets et ses boucles d’oreilles. »

Abou-Mousa a dit : « Quand un mendiant ou quelqu’un demandant quelque chose venait trouver le Prophète, celui-ci disait : « Intercédez auprès des autres, vous aurez votre part de la récompense et Dieu, par la langue de son Prophète, fera ensuite ce qu’il voudra. »


Asmâ rapporte que le Prophète lui dit : « Ne lésine pas avec les autres, on lésinerait avec toi. »
D’après ‘Abda, le Prophète a dit : « Ne calcule pas, sinon Dieu calculerait avec toi. »

CHAPITRE XXII. – L’aumône doit être faite dans la mesure de ses moyens.
 
‘Abdâd-ben-‘Abdallah-ben-Ez-Zobaïr rapporte que Asmâ, la fille d’Abou-Bakr, étant allée trouver le Prophète, celui-ci lui dit : « Ne fais pas de réserves, Dieu en ferait à ton égard. Donne en aumône tout ce que tu pourras. »


CHAPITRE XXIII. -L’aumône efface le péché.
 
D’après Hodzaïfa, ‘Omar a dit : « Quel est celui d’entre vous qui se souvient des hadiths de l’Envoyé de Dieu  au sujet des épreuves ? — Moi, répondit Hodzaïfa, je me souviens de ce qu’il a dit. — Alors, reprit ‘Omar, c’est à toi de nous répéter ce qu’il a dit. — Voici ses paroles, répliquai-je : « Les épreuves de l’homme à cause de sa famille, de ses enfants et de ses voisins sont effacées par la prière, l’aumône et les bonnes œuvres. » Solaïman rapporte que le Prophète disait : « La prière, l’aumône, l’ordre de faire le bien et la défense de faire le mal. — Ce n’est pas ces épreuves dont je veux parler, reprit ‘Omar, mais de celles qui provoquent des mouvements tumultueux comme ceux des vagues de la mer. — Ces épreuves-là, tu n’as pas à t’en préoccuper, ô prince des Croyants, dis-je alors, car entre eux et toi il y a une porte bien close. — Cette porte sera-t-elle brisée ou s’ouvrira-t-elle ? demanda-t-il. — Elle ne sera pas ouverte, répondis-je, mais brisée. — Et quand elle aura été brisée, ne sera-t-elle plus jamais refermée ? — Certes oui, elle sera refermée. » Comme nous n’osions demander à Hodzaïfa ce que c’était que cette porte, nous priâmes Masrouq de lui poser cette question ; ce qu’il fit, et il répondit : « C’est ‘Omar. — Et, reprîmes-nous, ‘Omar sait-il de qui tu as voulu parler ? — Oui, répliqua-t-il, comme il sait que la nuit précède le matin. Les hadiths que je viens de lui dire ne sont point entachés d’erreurs. »

CHAPITRE XXIV. — De celui qui a fait l’aumône alors qu’il était infidèle et qui se convertit ensuite à l’Islam.

Hakîm-ben-Hizâm rapporte qu’il dit : « Ô Envoyé de Dieu, que penses-tu de certaines choses religieuses que j’ai pratiquées au temps du paganisme, telles que : aumônes, affranchissement d’esclaves, bons offices à l’égard des proches. Serai-je récompensé pour ces diverses choses ? — En adoptant l’islamisme, répondit le Prophète, tu conserves à ton actif tout le bien fait précédemment. »




CHAPITRE XXV. — De la récompense attribuée au serviteur qui fait l’aumône sur l’ordre de son maître et sans gaspiller.

D’après ‘Âïcha, l’Envoyé de Dieu a dit : « Lorsque, sans propdigalité, la femme fait aumône de la nourriture de son mari, elle aura une part de la récompense ; son mari en aura une parce qu’il a gagné (l’argent employé à cette aumône) ; le gardien des vivres aura également une part de récompense. »

D’après Abou-Mousa, le Prophète a dit : « Le gardien, musulman, digne de confiance, qui exécute — ou, suivant une variante, qui donne — une aumône intégralement, exactement, sincèrement, et la remet à la personne à qui elle est destinée, est un de ceux qui font l’aumône. »




CHAPITRE XXVI. — De la récompense de la femme qui fait l’aumône ou distribue de la nourriture de la maison de son mari sans faire acte de prodigalité.

D’après ‘Âïcha, le Prophète a dit : « La femme qui, sans prodigalité, fait aumône — ou, suivant une variante, donne à manger — des choses de la maison de son mari, aura sa part de récompense ainsi que son mari. Il en sera de même pour le gardien. Le mari aura une part parce qu’il a gagné l’argent du ménage ; la femme, parce qu’elle a fait l’aumône. »

D’après ‘Âïcha, le Prophète a dit : « La femme qui, sans prodigalité, fera aumône de la nourriture du ménage, aura une part de récompense ; son mari en aura une également puisque c’est lui qui a gagné l’argent. Le gardien aura lui aussi une part de récompense. »




CHAPITRE XXVII. — De ces paroles du Coran : « Quant à celui qui donne et qui craint (Dieu), qui ajoute foi à la parole la plus belle (le Coran), certes nous lui faciliterons la voie la plus facile. — Pour celui qui s’est montré avare et dédaigneux… » (sourate XCII, versets 5, 6, 7, 8). — Ô mon Dieu, donne à celui qui fait l’aumône une compensation.

Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « Il n’est pas un seul jour où, le matin, chaque homme n’ait auprès de lui deux anges venus du ciel. L’un d’eux dit : « Ô mon Dieu, à celui qui fait l’aumône, « donne une compensation » ; l’autre dit : « Ô mon Dieu, à celui qui retient son argent, « inflige une perte. »

CHAPITRE XXVIII. – De la parabole de l’homme charitable et de l’avare.

D’après Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « L’homme charitable et l’avare sont comparables à deux hommes vêtus chacun d’une cotte e mailles de fer allant des seins aux épaules. L’homme charitable ne fait une aumône sans que cette tunique s’étende — ou couvre entièrement — sur sa peau, en sorte qu’elle recouvre bientôt le bout de ses doigts et dissimule tout son corps. Pour l’avare, au contraire, quand il veut faire une aumône, chacun des anneaux de cette cotte de mailles s’incruste à sa place, et, quand il essaie de l’élargir, elle ne s’élargit pas. »




CHAPITRE XXIX. – L’aumône peut provenir du travail et de celui du commerce, conformément à ces mots du Coran : « Ô vous qui croyez, dépensez (en aumônes) une partie des gains honnêtes que vous aurez faits et des biens que nous faisons sortir pour vous du sol…Il est riche ; il est glorieux » (sourate II, versets 269, 270).

CHAPITRE XXX. – Tout musulman est tenu de faire l’aumône ; que celui qui ne trouve pas à la faire fasse le bien.

 D’après Abou-Mousa, le Prophète a dit : « Tout musulman est tenu de faire l’aumône. — Mais, objecta-t-on, ô Envoyé de Dieu, et celui qui ne trouve pas à la faire ? — Qu’il travaille de ses mains, répondit le Prophète, il se rendra ainsi utile à lui-même et pourra faire l’aumône. — Mais s’il ne trouve pas à s’occuper ? — Qu’il aide le besogneux, le malheureux. — Et s’il n’y en a pas ? — Alors qu’il fasse le bien, qu’il s’abstienne de faire le mal et cela lui sera compté comme aumône. »

CHAPITRE XXXI. -De la quotité qu’on doit donner comme dîme et comme aumône (Ainsi que le fait justement remarquer El-‘Aïni, il n’y a pas lieu de parler de la quotité d’une aumône proprement dite ; il n’en est pas de même pour la dîme, qui est une aumône obligatoire.). — De celui qui a donné un mouton (pour la dîne).

Omm-‘Atyya a dit : « On avait envoyé à Nosaïba-El-Ansâriyya un mouton et celle-ci en envoya un morceau à ‘Âïcha. Le Prophète ayant demandé à ‘Âïcha : « As-tu chez toi quelque chose (à manger) ? Elle répondit : « Non, excepté ce morceau de mouton que Nosaïba a envoyé. — Donne-le, reprit le Prophète, il est arrivé à sa légitime destination. »




CHAPITRE XXXII. – De la dîme de l’argent monnayé.

D’après Abou-Sa’îd-El-Khodry, l’Envoyé de Dieu a dit : « Il n’y a pas de dîme (le texte porte le mot « sadaka » au lieu de « zakat ») de chameau pour ce qui est inférieur à cinq chameaux ; il n’y a pas de dîme pour ce qui est inférieur à cinq onces ; il n’y a pas de dîme pour ce qui est inférieur à cinq charges (de grains ou de dattes). »

CHAPITRE XXXIII. – Des objets mobiliers donnés en payement de l’aumône. D’après Tâous, Mo’âdz dit aux habitants du Yémen : « Donnez-moi des objets mobiliers, vêtements, manteaux ou costumes pour la dîme à la place d’orge ou de millet. Cela vous sera plus commode et sera préférable pour les Compagnons du Prophète qui sont à Médine. » — Le Prophète a dit : « Quant à Khâlid il a constitué en mainmorte pour la voie de Dieu, ses cuirasses et ses chevaux ». — Le Prophète a dit : « Faites l’aumône, fût-ce de vos bijoux » ; il n’avait donc pas excepté les objets mobiliers de l’aumône. Et alors les femmes lancèrent (dans le manteau de Bilâl) leurs boucles d’oreilles, leurs colliers. Il n’a pas non plus indiqué spécialement l’or et l’argent parmi les objets mobiliers.

Selon Anas, Abou-Bakr lui transmit ainsi, par écrit, les règles tracées par Dieu à son Envoyé : « Celui dont la dîme devra être une chamelle d’un an révolu et qui n’en aura pas, mais qui aura une chamelle de 2 ans révolus, pourra donner cette dernière en payement, et le collecteur lui donnera vingt dirhems ou deux moutons.
 »Si cette même personne, n’ayant pas la chamelle d’un an qu’elle devrait remettre, à un chameau de 2 ans révolus, ce chameau sera accepté en payement de la dîme sans addition de quoi que ce soit. »

 Ibn-‘Abbâs a dit : « J’atteste que l’Envoyé de Dieu fit la prière (de la fête) avant le prône. Puis, voyant qu’il ne se faisait pas entendre des femmes, il alla vers elles emmenant avec lui Bilâl qui étendait son manteau. Le Prophète adressa des exhortations aux femmes et leur enjoignit de faire l’aumône. Alors chaque femme se mit à jeter — et, ce disant Ayyoub, montrait son oreille et son cou. »




CHAPITRE XXXIV. — On ne doit pas grouper deux lots séparés, ni séparer un groupe en deux lots. — C’est ainsi qu’en a décidé le Prophète d’après Ibn-‘Omar selon Sâlim.

Anas rapporte que Abou-Bakr lui écrivit les règles qu’avait tracées l’Envoyé de Dieu. Il s’y trouvait qu’on ne doit pas grouper deux lots séparés, ni séparer un groupe en deux lots, et cela à cause (Mot à mot : « Dans la crainte de la dîme » Au point de vue de la dîme, il y a tantôt avantage, tantôt désavantage à grouper plusieurs troupeaux. Ainsi trois troupeaux de chacun quanrante moutons qui, isolément, payeraient chacun une dîme d’un mouton, soit trois moutons, ne payeront plus qu’un seul mouton s’ils sont groupés par une association entre les trois propriétaires. Inversement, cent un moutons sont taxés un mouton tandis que deux troupeaux de cent un moutons réunis par deux associés auront à payer trois moutons. Il n’est pas plus permis à trois propriétaires de simuler une association pour frauder le fisc, qu’il n’est permis au collecteur, pour augmenter les recettes, de scinder en deux un troupeau formant l’objet d’une association régulière.) de la dîme.

CHAPITRE XXXV. – Si deux associés ont mélangé leurs apports, on réclamera à chacun d’eux une somme égale. — Tâous et ‘Atâ ont dit : « Quand les deux associés reconnaissent leurs apports (Pour qu’il y ait association il faut qu’aucun des animaux n’appartienne en propre à l’un des copropriétaires. Et, quand il y a association, chacun des copropriétaires paye une part égale de la dîme, même si sa part est inférieure à celle des autres associés.), il n’y a pas lieu de totaliser ». — Abou-Sofyân a dit : « La dîme n’est pas obligatoire tant que celui-ci n’a pas exactement quarante moutons et celui-là quarante moutons. »

Anas rapporte que Abou-Bakr lui écrivit les règles qu’avait tracées l’Envoyé de Dieu. Il s’y trouvait que si les deux associés ont mélangé leurs apports on réclamera à chacun d’eux une somme égale.




CHAPITRE XXXVI. – De la dîme des chameaux. — Le Prophète en a parlé selon Abou-Bakr, Abou-Dzarr et Abou-Horaïra.

D’après Abou-Sa’îd-El-Khodry, un bédouin interrogea l’Envoyé de Dieu au sujet de l’émigration. « Malheureux ! lui répondit le Prophète, c’est là une chose grave. As-tu des chameaux qui payent la dîme ? — Oui, répliqua l’arabe. — Eh ! bien, reprit le Prophète, pratique la religion en arrière de la banlieue et Dieu ne diminuera en rien le mérite de tes actions. »




CHAPITRE XXXVII. –De celui dont la dîme consiste en la remise d’une chamelle d’un an révolu et qui n’en a pas.

Anas rapporte que Abou-Bakr lui écrivit les règles de la dîme telles que Dieu les avait formulées à son Envoyé. Il s’y trouvait ceci : « Celui qui, par le nombre de ses chameaux, est imposé d’une chamelle de 4 ans révolus et qui n’a pas de chamelle de cet âge, mais en possède une de 3 ans révolus, pourra donner cette dernière en payement en y ajoutant deux moutons, si la chose lui est possible, ou vingt dirhems.
 »Celui qui, par le nombre de ses chameaux, est imposé d’une chamelle de 3 ans révolus, pourra donner cette dernière en payement et le collecteur lui remettra vingt dirhems ou deux moutons.
 »Celui qui, par le nombre de ses chameaux, est imposé d’une chamelle de 3 ans révolus et qui ne possède qu’une chamelle de 2 ans révolus pourra donner cette dernière en payement en y ajoutant deux moutons ou vingt dirhems.
Celui qui, par le nombre de ses chameaux, est imposé d’une chamelle de 2 ans révolus et qui ne possède qu’une chamelle de 3 ans révolus pourra donner en payement et recevra du collecteur vingt dirhems ou deux moutons.
Celui qui, par le nombre de ses chameaux, est imposé d’une chamelle de 2 ans et qui n’en a pas, mais qui possède une chamelle d’un an révolu, pourra donner cette dernière en payement en y ajoutant vingt dirhems ou deux moutons.




CHAPITRE XXXVIII. -De la dîme des moutons.

Anas rapporte que Abou-Bakr lui écrivit les instructions suivantes lorsqu’il l’expédia dans la province de El-Bahraïn :
 »Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.
 »Ceci est la règle relative à la dîme telle que l’Envoyé de Dieu l’a imposée aux Musulmans et telle que Dieu l’a ordonnée à son Envoyé. Celui des Musulmans à qui on réclamera ce que la loi impose devra le payer ; celui à qui on réclamera davantage ne devra pas le payer.
 »Pour vingt-quatre chameaux ou un chiffre inférieur, la dîme est d’un mouton pour chaque cinq chameaux. De vingt-cinq chameaux à trente-cinq chameaux inclusivement, la dîme sera d’une chamelle d’un an révolu. De trente-six chameaux à quarante-cinq inclusivement, la dîme sera d’une chamelle de 2 ans révolus. De quarante-six chameaux à soixante, la dîme sera d’une chamelle de 3 ans révolus, en état d’être saillie. De soixante et un chameaux à soixante-quinze, la dîme sera de deux chamelles de deux ans. De quatre-vingt-onze chameaux à cent vingt, la dîme sera de deux chamelles de 3 ans révolus, aptes à être saillies. Au-dessus de cent vingt chameaux, la dîme sera, pour chaque quarante chameaux, une chamelle de 2 ans ; pour chaque cinquante chameaux, une chamelle de 3 ans.
 »Celui qui n’aura que quatre chameaux ne devra pas de dîme à moins qu’il ne veuille la payer bénévolement. Pour cinq chameaux, la dîme sera d’un mouton.
La dîme pour les moutons vivant au pâturage est d’un mouton, quand le troupeau a de quarante à cent vint moutons inclusivement. Au-dessus de cent vingt moutons et jusqu’à deux cents moutons, la dîme est de deux moutons. De deux cents à trois cents moutons, la dîme est de trois moutons. Au delà de trois cents moutons, la dîme est d’un mouton par cent.
Quand le troupeau d’un homme est inférieur à quarante moutons, il n’est pas dû de dîme, à moins que le propriétaire ne veuille la payer.
Pour l’argent, la dîme est du quart du dixième. Et si la somme ne s’élève pas à cent quatre-vingt-dix (dirhems), il n’est pas dû de dîme, à moins que le propriétaire ne veuille la payer. »

CHAPITRE XXXIX. — Ne doit pas être perçu comme dîme l’animal hors d’âge ou entaché d’un vice rédhibitoire. — Pour le bouc, la règle est la même, à moins que le collecteur consente à l’accepter.

Anas rapporte que Abou-Bakr lui écrivit au sujet de la dîme prescrite par Dieu à son Envoyé. On y trouvait ceci : « Ne sera pas accepté pour la dîme l’animal hors d’âge, ni celui atteint d’un vice rédhibitoire, ni le bouc, à moins que le collecteur ne veuille pas accepter ce dernier.




CHAPITRE XL. – De la perception d’une jeune chèvre comme dîme.

D’après Abou-Horaïra, Abou-Bakr a dit : « S’ils me refusaient la jeune chèvre qu’ils payaient à l’Envoyé de Dieu, je les combattrais à cause de ce refus. — Alors, dit ‘Omar, je vis qu’il ne pouvait dire cela sinon parce que Dieu avait ouvert la poitrine de Abou-Bakr au combat. Et je compris qu’il était dans le vrai. »




CHAPITRE XLI. — On ne prendra pas comme dîme les objets précieux possédés par les gens.

D’après Ibn-‘Abbâs : Lorsque l’Envoyé de Dieu envoya au Yémen Moâdz, il lui dit : « Tu te présenteras tout d’abord aux gens du Livre et tu les inviteras les premiers à adorer Dieu. S’ils reconnaissent Dieu, annonce-leur que Dieu leur impose cinq prières pour chaque jour et chaque nuit. S’ils font ces prières, annonce-leur que Dieu leur a imposé une dîme qui sera prélevée sur leurs biens, pour être donnée aux pauvres d’entre eux. S’ils se soumettent à tout cela, perçois la dîme, mais garde-toi d’y prélever les objets précieux de la population. »




CHAPITRE XLII. — Pour moins de cinq chameaux, il n’y a pas d’aumône.

D’après Abou-Sa’îd-El-Khodry, l’Envoyé de Dieu a dit : « Au-dessous de cinq charges de dattes, pas de dîme ; au-dessous de cinq onces d’argent, pas de dîme ; au-dessous de cinq chameaux, pas de dîme. »

CHAPITRE XLIII. — De l’aumône sur les boeufs. — Selon Abou-Homaïd, le Prophète a dit : « Certes, je reconnaîtrai (au jour de la Résurrection) l’homme qui aura amené à Dieu des boeufs mugissants ».

Abou-Dzarr a dit : « J’étais allé trouver le Prophète qui dit : « J’en jure par celui qui tient ma vie entre ses mains — ou, suivant une variante, par celui en dehors de qui il n’y a pas de Dieu ; ou encore par une formule de serment — tout homme ayant eu chameaux, boeufs ou moutons, et qui n’aura pas payé la dîme à leur sujet, ne manquera, au jour de la Résurrection, de voir ces animaux amenés plus gros et plus gras qu’ils n’étaient (sur terre). Ces animaux le fouleront aux pieds et le frapperont de leurs cornes. Chaque fois que le dernier de ces animaux aura passé, le premier reviendra et cela durera jusqu’à ce que les comptes de tous les hommes aient été réglés. »




CHAPITRE XLIV. –De l’aumône faite aux proches parents. — Le Prophète a dit : « (Celui qui la fait) a droit à deux récompenses : une pour (l’accomplissement des devoir de) la parenté ; l’autre pour l’aumône faite. »

 Anas-ben-Mâlik a dit : « Abou-Talha était, de tous les Ansâr, à Médine, le plus riche en palmiers. De tous ses vergers, celui auquel il tenait le plus était celui de Baïrohâ, qui était situé en face de la mosquée. L’Envoyé de Dieu entrait parfois dans ce jardin et buvait de l’eau (de son puits) qui était excellente.
Lorsque, ajoute Anas, le verset suivant eut été révélé : « Vous n’atteindrez la piété qu’autant que vous dépenserez (en aumônes) ce à quoi vous tenez le plus » (sourate III, verset 86), Abou-Talha alla trouver l’Envoyé de Dieu et lui dit : « Ô Envoyé de Dieu, Dieu a prononcé ces paroles : « Vous n’atteindrez la piété qu’autant que vous dépenserez (en aumônes) ce à quoi vous tenez le plus. » Or, de mes biens, celui auquel je tiens le plus, c’est Baïrohâ ; j’en fais aumône à Dieu ; espérant qu’elle me sera comptée comme bonne oeuvre et mise en réserve auprès de Lui. Ô Envoyé de Dieu, fais de ce verger ce que Dieu t’indiquera. — Bravo ! répondit l’Envoyé de Dieu, c’est un bien qui rapportera ; c’est un bien qui rapportera. J’ai bien entendu ce que tu as dit, mais j’estime que tu dois donner ce verger à tes proches. — C’est ce que je vais faire, répliqua Abou-Talha. » Et il partagea sa propriété entre ses proches parents et ses cousins. »

Abou-Sa’îd-El-Khodry a dit : « J’étais allé à l’oratoire en plein vent, avec l’Envoyé de Dieu, un jour de fête, celle des sacrifices ou celle de la rupture du jeûne. La prière terminée, le Prophète adressa une exhortation aux fidèles et leur enjoignit de faire l’aumône en ces termes : « Ô fidèles, faites l’aumône. » Se rendant ensuite auprès des femmes il leur dit : « Ô femmes qui êtes ici assemblées, faites l’aumône, car j’ai vu que vous étiez en majorité dans l’Enfer. — Et pourquoi cela, ô Envoyé de Dieu ? s’écrièrent-elles. — Vous vous répandez en malédictions, reprit-il, vous êtes ingrates envers vos époux. Je n’ai vu aucun être inférieur en intelligence et en religion plus capable que l’une de vous de faire perdre l’esprit à un homme sensé, ô réunion de femmes. »
« La prière terminée, lorsque le Prophète fut rentré à son logis, Zaïnab, la femme de Ibn-Mas’oud, vint demander la permission d’être introduite auprès de lui. « Voici Zaïnab, dit-on à l’Envoyé de Dieu. — Laquelle des Zaïnab, demanda-t-il. — La femme de Ibn-Mas’oud, lui répondit-on. — Bien ! reprit-il, dites-lui qu’elle peut entrer. » Ayant reçu l’autorisation d’entrer, Zaïnab dit : « Ô Prophète de Dieu, aujourd’hui tu as ordonné de faire l’aumône. J’avais des bijoux et voulus les donner, mais Ibn-Mas’oud a assuré que lui et son fils avaient plus de droits qu’aucun autre à recevoir cette aumône de moi. — Ibn-Mas’oud a raison, répartit le Prophète, ton mari et ton enfant ont droit plus qu’aucun autre à l’aumône que tu fais. »

CHAPITRE XLV. — Le musulman ne doit pas l’aumône pour son cheval.

D’après Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « Le musulman ne doit pas la dîme, ni pour son cheval, ni pour son esclave. »


CHAPITRE XLVI. — Le musulman ne doit pas la dîme pour son esclave.

D’après Abou-Hoaïra, le Prophète a dit : « Le musulman ne doit pas la dîme, ni pour son esclave, ni pour son cheval. »




CHAPITRE XLVII. -De l’aumône faite aux orphelins.

Abou-Sa’îd-El-Khodry rapporte qu’un certain jour, le Prophète, étant en chaire, les fidèles assis autour de lui, se mit à dire : « Certes, après ma mort, ce que je redoute pour vous, c’est que vous vous laissiez entraîner par les splendeurs du monde et ses beautés. — Alors, Ô Envoyé de Dieu, s’écria un homme, le bien peut-il dont amener le mal ? » Le Prophète garda le silence. Puis, comme on disait à cet homme : « Qu’as-tu donc à adresser la parole à l’Envoyé de Dieu quand il ne te parle pas ? » nous nous aperçûmes que la révélation venait. Après avoir épongé sa sueur abondante, le Prophète demanda avec un ton d’approbation : « Où est l’homme qui a posé la question ? » Puis il ajouta : « Le bien n’amène pas le mal. Ainsi, parmi les plantes que fait pousser le printemps, il en est qui tuent ou qui font dépérir. Toutefois l’animal qui mange les plantes vertes (allusion à la météorisation produite par des herbes vertes qui n’ont absolument rien de vénéneux et qui, sans un excès d’humidité temporaire, seraient un excellent pâturage.) voit parfois sa taille se gonfler ; alors il se tourne du côté du soleil ; il fiente, il urine et se remet à paître.
Ainsi, la fortune est une chose verte et agréable. Heureux l’homme musulman qui en donne une partie au pauvre, à l’orphelin et au voyageur — telles sont, ou à peu près, les paroles du Prophète. — Celui qui prend la fortune sans en accomplir les obligations est comme celui qui mange et ne se rassasie pas. Cette fortune déposera contre lui au jour de la Résurrection. »


CHAPITRE XLVIII. — De l’aumône faite dans la maison au mari et aux orphelins. – Abou-Sa’îd rapporte cela d’après le Prophète.

Zaïnab, femme de ‘Abdallah a dit : « J’étais à la mosquée et je vis le Prophète qui nous dit : « Faites l’aumône, fût-ce de vos propres bijoux. » Or Zaïnab, qui entretenait dans sa maison son mari et des orphelins, pria ‘Abdallah (son mari) de poser au Prophète la question suivante : « Me suffit-il, comme aumône, d’entretenir chez moi mon mari et des orphelins ? — Demande-lui toi-même, répliqua ‘Abdallah. » Alors, ajoute Zaïnab, je me rendis chez l’Envoyé de Dieu et, à la porte, je rencontrai une femme des Ansar qui venait pour le même objet que moi. Comme Bilâl passait, nous le chargeâmes de poser au Prophète la question : « Me suffit-il d’entretenir chez moi mon mari et des orphelins. », mais de ne pas nous nommer. Bilâl entra et posa la question. « Qui sont ces deux personnes ? demanda-t-il. — Zaïnab, répondit Bilâl. — Et quelle Zaïnab ? reprit-il. — La femme de ‘Abdallah, répartit Bilâl. — Eh bien, oui, dit le Prophète, et elle aura deux récompenses, l’une pour avoir accompli ses devoirs de famille, l’autre pour avoir fait l’aumône. »

Zaïnab-ben-Omm-Salama a dit : « Ô Envoyé de Dieu, aurai-je une récompense, si j’entretiens les fils de Abou-Salama, alors que ce sont mes fils ? — Entretiens-les, répondit le Prophète ; tu auras une récompense pour tout ce que tu dépenseras pour eux. »




CHAPITRE XLIX. — De ces mots du Coran : « …pour le rachat des esclaves, pour les gens obérés de dettes et pour les voyageurs…(sourate IX, verset 60). – On rapporte que, d’après Ibn-Abbâs, on pouvait affranchir des esclaves à l’aide de la dîme de ses biens et donner (une partie de cette dîme) pour le pèlerinage. – El-Hasan a dit : « Si on se sert de la dîme pour acheter son père, cela est permis. On peut également la donner à ceux qui font la guerre sainte et à celui qui ne peut faire le pèlerinage. » Ensuite il récita ce verset : « Les aumônes sont destinées aux pauvres…etc. » (sourate IX, verset 60) quel que soit celui à qui tu donnes l’aumône, elle sera récompensée. » — Le Prophète a dit : « Khâlid a immobilisé ses cuirasses pour la voie de Dieu. » — On rapporte d’après Abou-Lâs : « Le Prophète nous fit monter sur les chameaux de la dîme pour le pèlerinage. »

Abou-Horaïra a dit : « L’Envoyé de Dieu avait prescrit la dîme et on lui dit que Ibn-Djamîl, Khâlid-ben-El-Walîd et ‘Abbâs-ben-‘Abdelmottalib avaient refusé de la donner. « Ibn-Djamîl, dit alors le Prophète, n’aurait pas dû refuser, puisqu’il était pauvre et que Dieu l’a enrichi ainsi que son Envoyé. Quant à Khâlid, vous êtes injustes à son égard, car il a immobilisé ses cuirasses et ses chevaux pour la voie de Dieu. Quant à El-‘Abbâs-ben-‘Abdelmottalib, il est l’oncle de l’Envoyé de Dieu et il doit une dîme plus une somme égale. (Cette dernière phrase est entendue de diverses façons par les commentateurs. La plus vraisemblable est que l’oncle du Prophète devait bien la dîme de deux ans, mais qu’il s’acquitterait sûrement de sa dette.) »




CHAPTRE L. — De la discrétion qu’il faut apporter à demander l’aumône.

D’après Abou-Sa’îd-El-Khodry, certains individus des Ansâr vinrent demander l’aumône à l’Envoyé de Dieu. Celui-ci leur ayant donné, ils demandèrent de nouveau une seconde, puis une troisième fois, le Prophète donnant toujours jusqu’à ce qu’il eût épuisé tout ce qu’il avait. « Voilà tout ce que je possède de biens, dit alors le Prophète, et je n’en ai rien mis en réserve pour d’autres. Celui qui demandera d’être discret dans ses demandes, Dieu lui accordera cette discrétion ; celui qui demandera d’être riche, Allah le rendra riche ; celui qui cherchera à être résigné, Dieu le rendra résigné. Le don que chacun de vous reçoit n’est ni meilleur, ni plus avantageux que la résignation. »

D’après Abou-Horaïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « J’en jure par celui qui tient ma vie entre ses mains, il vaudrait mieux que chacun de vous prît une corde et allât faire du bois qu’il rapporterait sur son dos, plutôt que de se rendre auprès de quelqu’un pour mendier, que celui à qui il s’adresse lui donne ou lui refuse. »

Selon Ez-Zobaïr-ben-El-‘Awwâm, le Prophète a dit : « Il vaudrait mieux que chacun de vous prît une corde, rapportât une charge de bois sur son dos afin de la vendre et de n’avoir pas à rougir devant Dieu, plutôt que de mendier à quelqu’un, que celui-ci lui donne ou lui refuse. »

Hakîm-ben-Hizâm a dit : « Je demandai l’aumône à l’Envoyé de Dieu ; il me donna quelque chose ; je lui demandai une seconde et une troisième fois, et chaque fois il me donna, puis il me dit : « Ô Hakîm, cet argent est chose belle à voir et agréable. Celui qui le prend sans avidité, cela lui portera bonheur ; mais celui qui le prend par avidité n’en profitera pas ; il sera comme celui qui mange sans se rassasier. La main la plus haute vaut mieux que la main la plus basse. » — Ô Envoyé de Dieu, répondis-je, j’en jure par Celui qui t’a envoyé pour le triomphe de la vérité, dorénavant je ne demanderai plus rien à personne jusqu’au jour où je quitterai ce monde. »
Abou-Bakr ayant ensuite offert à Hakîm de lui donner quelque chose, celui-ci refusa de l’accepter. Plus tard, ‘Omar ayant fait venir Hakîm pour lui donner quelque chose, celui-ci refusa de l’accepter. Alors ‘Omar dit : « Je vous prends à témoins, ô communauté des musulmans, que Hakîm, à qui j’ai offert ce qui lui revenait de sa part de butin, a refusé de la prendre. » Hakîm, en effet, après son aventure avec le Prophète, n’accepta plus rien de personne jusqu’à sa mort.




CHAPITRE LI. – De celui à qui Dieu donne quelque chose sans qu’il l’ait demandé et sans qu’il y ait mis d’avidité.

 ‘Omar a dit : « L’Envoyé de Dieu me donnait des secours ; et comme je lui disais : « Donne-les à qui est plus pauvre que moi », il me répondit : « Prends ce que je te donne, et chaque fois qu’il te viendra quelque bien sans que tu l’aies sollicité ou demandé, accepte-le. Mais s’il n’en est pas ainsi, ne te laisse pas entraîner à accepter. »




CHAPITRE LII. – De celui qui demande trop aux gens.

Selon ‘Abdallah-ben-‘Omar, le Prophète a dit : « L’homme qui ne cesse de demander aux gens n’aura plus le moindre lambeau de chair sur le visage, au jour de la Résurrection. Or, ajouta le Prophète, le jour de la Résurrection, le soleil se rapprochera tellement que la sueur remplira la moitié des oreilles. Alors les hommes appelleront à leur secours Adam, puis Moïse, puis Mohammed. »
Ibn-Abou-Dja’far ajoute : « Mohammed intercèdera pour la décision qui sera prise à l’égard des hommes et il ira jusqu’à prendre l’anneau de la porte (du Paradis). Ce jour-là, Dieu lui donnera un rang glorieux et tous les êtres réunis le glorifieront. »




CHAPITRE LIII. – De ces mots du Coran : « …Ils ne demanderont pas aux gens avec insistance… » (sourate II, verset 274). – A quel chiffre commence la richesse. – De ces paroles du Prophète : « Il ne trouvera pas de richesses pour l’enrichir. » — De ces mots du Coran : « Ceux qui ayant été retenus dans la voie de Dieu ne pourront pas parcourir la terre…Dieu est instruit de cela. » (sourate II, verset 274).

D’après Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « Le malheureux, ce n’est pas celui qu’une ou deux bouchées de nourriture suffisent à contenter ; mais le vrai malheureux est celui qui, n’ayant rien, a honte de demander ou ne sait pas demander aux gens avec insistance. »

D’après le secrétaire de El-Moghîra-ben-Cho’ba, Mo’âwia écrivit à El-Moghîra-ben-Cho’ba de lui envoyer par écrit quelque chose qu’il eût entendu dire au Prophète. La réponse fut conçue en ces termes : « J’ai entendu le Prophète dire : « Il y a trois choses que Dieu réprouve. — Et lesquelles ? demanda-t-on. — Les malins propos, le gaspillage des biens et la surabondance des sollicitations (d’aumônes). »

Sa’d a dit : « L’Envoyé de Dieu distribuait des secours à un petit groupe de gens parmi lesquels j’étais assis. Il laissa, sans rien lui donner, l’un d’entre eux qui cependant me paraissait le plus méritant. J’allai alors vers l’Envoyé de Dieu et, le prenant à part, je lui dis : « Pourquoi n’as-tu rien donné à un tel ? par Dieu ! j’estime qu’il est un croyant. — Ou un musulman, reprit le Prophète. » Je me tus un instant, puis, entraîné par ce que je savais de cet homme, je dis : « Ô Envoyé de Dieu, pourquoi n’as-tu rien donné à un tel ? par Dieu ! j’estime qu’il est un croyant. — Ou un musulman, répartit le Prophète. » Après avoir de nouveau gardé le silence, entraîné par ce que je savais de cet homme, je répétai : « Ô Envoyé de Dieu, pourquoi n’as-tu rien donné à un tel ? par Dieu ! j’estime qu’il est un croyant. – Ou un musulman, répliqua le Prophète. Certes, si je donne à un homme, alors que je préfèrerais donner à un autre, c’est que je crains que le premier ne soit précipité la face la première dans le feu de l’Enfer. »
Suivant un autre isnâd ce hadith est ainsi complété : « L’Envoyé de Dieu posa sa main sur moi et me rapprochant le cou de l’épaule, il me dit : « Avance, ô Sa’d, je vais donner à cet homme. »

D’après Abou-Horaïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « Le malheureux n’est pas celui qui va mendier parmi les hommes et se contente d’une ou deux bouchées de nourriture ou d’une ou deux dattes. Le vrai malheureux est celui qui ne trouve pas de richesse pour l’enrichir, à qui personne ne fait attention et ne donne l’aumône et qui ne va pas, lui, demander l’aumône aux gens. »

Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « Il vaut mieux que l’un de vous prenne une corde et qu’il parte — vers la montagne, ajouta-t-il, à ce que je crois — qu’il fasse du bois, qu’il le vende pour manger et faire l’aumône, plutôt que mendier. »




CHAPITRE LIV. – De l’estimation (de la récolte) des dattes.

Abou-Homaïd-Es-Sâ’idi a dit : « Nous fîmes avec le Prophète l’expédition de Tabouk. Arrivés à Wâdi-‘l-Qora, nous trouvâmes une femme dans un verger lui appartenant. S’adressant alors à ses compagnons, le Prophète dit : « Estimez la récolte de ce verger. » L’Envoyé de Dieu l’ayant estimée à dix charges dit alors à cette femme : « Calcule bien ce que produira ce verger. »
« Quand nous fûmes arrivés à Tabouk, le Prophète dit : « Certes, cette nuit un vent violent soufflera ; qu’aucun de vous ne se lève et que celui qui a un chameau l’entrave solidement. » Nous entravâmes les chameaux et une violente tempête souffla. Un homme qui s’était levé fut projeté contre les deux montagnes de Tayy. Le prince de Aïla envoya au Prophète une mule blanche et celui-ci expédia au prince, dans son pays, un manteau avec une lettre. »
« Quand le Prophète fut de retour à Wâdi-’l-Qora il dit à la femme : « Combien a rapporté ton verger ? — Dix charges, répondit-elle, ce qu’avait estimé l’Envoyé de Dieu. »
Le Prophète dit ensuite : « Je suis pressé de rentrer à Médine : que ceux d’entre vous qui désirent faire le trajet rapidement avec moi, se hâtent de m’accompagner. » Ibn-Bakkâr, d’après El-Boukhâri, ayant dit une phrase dont le sens était : « Lorsqu’il domina Médine », ajouta : « Le Prophète dit : « Voici Tâba ; puis, lorsqu’il aperçut Ohod, il dit : ceci est une montagne qui nous aime et que nous aimons. Maintenant, voulez-vous que je vous indique les meilleures maisons des Ansar ? — Oui, répondirent ses compagnons. — Eh bien, reprit-il, voici les maisons des Benou-‘n-Neddjâr, celles des Benou-‘Abd-el-Achhal, celles des Benou-Sâ-ida ou celles des Benou-el-Hârith-ben-El-Khazradj. »
Et pour chaque tribu des Ansar le Prophète voulait dire qu’elle était excellente. »




CHAPITRE LV. – De la dîme à prélever sur les terres arrosées par l’eau du ciel et sur celles qui sont arrosées avec l’eau courante. – ‘Omar-ben-‘Abdelaziz n’estimait pas que le miel fût imposable.

D’après ‘Abdallah, le Prophète a dit : « Les terres arrosées par l’eau du ciel, par les sources ou par des canaux de dérivation, payeront la dîme ; celles qui seront arrosées par l’eau tirée (artificiellement) du sol payeront la moitié de la dîme. »
El-Boukhâri ajoute : « Ce hadith est le commentaire de la première partie du titre, car dans cette première partie on parle de la dîme à prélever sur les terres arrosées par l’eau du ciel sans rien préciser. L’addition formulée par ‘Abdallah doit être acceptée, car tout fait précisé après avoir été formulé d’une façon vague doit être admis dans la pratique lorsqu’il est rapporté, d’après Ibn-‘Abbâs, que le Prophète n’avait pas fait la prière dans la Ka’ba tandis que Bilâl dit qu’il y avait prié. On a donc accepté le dire de Bilâl et rejeté celui de El-Fadl.

CHAPITRE LVI. – Il n’y a pas de dîme pour ce qui est inférieur à cinq charges.

Selon Abou-Sa’îd-El-Khodry, le Prophète a dit : « Pour ce qui est inférieur à cinq charges, pas de dîme ; pour les chameaux dont le nombre est inférieur à cinq, pas de dîme, et pour ce qui est inférieur à cinq onces d’argent, pas de dîme. »


CHAPITRE LVII. — La perception de la dîme des dattes a lieu lors de la cueillette des palmiers. – Peut-on laisser l’enfant toucher les dattes de la dîme.

Abou-Horaïra a dit : « L’Envoyé de Dieu percevait les dattes au moment de la cueillette des palmiers. Celui-ci apportait ses dattes, cet autre apportait les siennes et bientôt il y avait un monceau de dattes. Un jour, El-Hasan et El-Hosaïn se mirent à jouer avec ces dattes et l’un d’eux en prit une qu’il porta à sa bouche. Voyant cela, l’ Envoyé de Dieu retira la datte de la bouche de l’enfant et lui dit : « Ne sais-tu pas que la famille de Mohammed ne doit pas manger des produits de la dîme. »




CHAPITRE LVIII. – De celui qui vend ses dattes, ses palmiers, sa terre ou ses grains (il s’agit de la vente du sol avec la récolte pendante.) alors qu’il en doit la dîme ou l’aumône et qui paye la dîme avec d’autres produits. – De celui qui vend ses fruits au moment où il ne doit pas la dîme. – De ces paroles du Prophète : « Ne vendez pas les fruits avant que leur maturité n’ait commencé. » (après la maturité, il n’y a plus aucune prohibition dans la vente, ajoute El Bokhâri, et le Prophète n’a pas distingué celui qui a à payer la dîme de celui qui ne la doit pas.)

Ibn-‘Omar a dit : « Le Prophète a interdit de vendre les dattes avant que leur maturité n’ait commencé. Et lorsqu’on lui demanda ce qu’il entendait par là, il répondit : « Tant que tout danger pour ces fruits n’aura pas disparu. »

Djâbir-ben-‘Abdallah a dit : Le Prophète a interdit de vendre les fruits avant que leur maturité n’ait commencé. »

 D’après Anas-ben-Mâlik, l’ Envoyé de Dieu a interdit la vente des fruits tant qu’ils n’ont pas pris couleur, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas rouges.


CHAPITRE LIX. — Est-il permis d’acheter son aumône ? – Il n’y a aucun inconvénient à acheter l’aumône donnée par autrui, car le Prophète n’a interdit cet achat d’une manière spéciale qu’au donateur et il ne l’a pas interdit à d’autres.

 ‘Abdallah-ben-‘Omar rapportait que ‘Omar-ben-El-Khattâb ayant donné un cheval pour la guerre sainte, trouva ce cheval en vente. Comme il voulait l’acheter, il alla trouver le Prophète et lui demanda quelles étaient ses prescriptions à cet égard. « Ne rentre pas en possession de ton aumône, répondit le Prophète. » C’est à cause de cela qu’Ibn-‘Omar ne gardait jamais un objet qu’il achetait et qu’il avait déjà donné en aumône, sans en faire aumône de nouveau.

 ‘Omar a dit : « J’avais donné à un homme un cheval destiné à la guerre sainte, et l’homme, chez qui était l’animal, le laissait dépérir. Je voulus le lui acheter pensant qu’il me le vendrait à bon compte. Le Prophète, que je consultai là-dessus, me répondit : « Ne l’achète pas ; ne rentre pas en possession de ton aumône, même s’il te laissait cet animal pour un dirhem. Celui qui revient à son aumône est comme celui qui revient à son vomissement. »




CHAPITRE LX. -De ce qui est rapporté au sujet de la dîme pour le Prophète et pour sa famille.

Abou-Horaïra a dit : « El-Hasan-ben-‘Ali avait pris une des dattes de la dîme et l’avait mise dans sa bouche. « Crache ! crache ! s’écria le Prophète, pour qu’il la rejetât. Ne sais-tu donc pas que nous, nous ne mangeons pas des produits de la dîme. »




CHAPITRE LXI. – De l’aumône faite aux affranchies des femmes du Prophète.

‘Ibn-‘Abbâs a dit : « Le Prophète ayant trouvé (chez lui) un mouton mort qui avait été offert en aumône à une affranchie de Maïmouna, dit : « Pourquoi n’utilisez-vous pas la peau de cet animal ? — Parce qu’il est mort, lui répondit-on. — Il ne vous est interdit que de manger la chair de cet animal, reprit le Prophète. »

El-Aswad rapporte que ‘Aïcha voulait acheter Barîra afin de l’affranchir ensuite. Les maîtres de Barîra voulaient stipuler qu’ils en conserveraient le patronage. Elle en parla au Prophète qui lui dit : « Ach-ète-la ; le patronage appartient à celui qui affranchit. »
‘Aïcha ajoute : « Comme on apportait au Prophète de la viande, je lui dit qu’elle provenait d’une aumône faite à Barîra. « Pour Barîra, répondit-il, c’est une aumône ; pour nous, c’est un cadeau. »




CHAPITRE LXII. – De l’aumône ayant changé de caractère.

Omm-‘Atiyya-El-Ansâriyya a dit : « Le Prophète étant entré chez ‘Aïcha, lui demanda si elle avait quelque chose à manger. « Non, répondit-elle, il n’y a, à la maison, autre chose que ce qui a été envoyé par Nosaïba, un morceau de mouton qu’elle a offert comme aumône. — Eh ! bien, répliqua le Prophète, ce morceau de mouton est arrivé à sa destination légitime. »

Suivant Anas, on apporta au Prophète de la viande offerte en aumône à Barîra. « Cette viande, dit le Prophète, était une aumône pour Barîra ; pour nous, c’est un cadeau. »




CHAPITRE LXIII. – La dîme est un prélèvement fait sur les riches pour être remis aux pauvres où qu’ils soient.

D’après Ibn-‘Abbâs : « Lorsqu’il envoya Mo’âdz-ben-Djabal dans le Yémen, l’ Envoyé de Dieu lui dit : « Tu iras trouver ceux des habitants qui sont des gens du Livre et quand tu seras auprès d’eux, invite-les à attester qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu et que Mohammed est l’ Envoyé de Dieu ; s’ils t’obéissent à cette prescription, annonce-leur que Dieu leur impose une dîme qui se prélevée sur les riches pour être remise aux pauvres. S’ils t’obéissent à cette prescription, garde-toi de prélever leurs objets précieux et crains les protestations de l’opprimé, car aucun voile n’est interposé en lui et Dieu. »




CHAPITRE LXIV. – De la prière de l’imam et des invocations qu’il fait pour celui qui paie la dîme. – De ces paroles du Coran : « Prends sur leurs biens une dîme qui les purifiera…un repos pour eux. » (sourate IX, verset 104). 

‘Abdallah-ben-Abou-Awfa a dit : « Lorsque des gens lui apportaient leur dîme, le Prophète disait : « Ô mon Dieu, répands tes prières sur la famille de un tel. » Mon père lui ayant apporté sa dîme, le Prophète lui dit : « Ô mon Dieu, répands tes prières sur la famille de Abou-Awfa. »

CHAPITRE LXV. – De la règle pour les choses que l’on extrait de la mer. – Ibn-‘Abbâs a dit : « L’ambre n’est pas un dépôt enfoui dans le sol, mais quelque chose que rejette la mer. » — El-Hasan a dit : « Le cinquième est dû pour l’ambre et les perles. » — D’après El-Bokhâri, le Prophète n’a établi le cinquième que sur les objets enfouis dans le sol ; il n’a pas à être payé pour ce qui est trouvé dans l’eau. » — Abou-Horaïra rapporte, d’après le Prophète, qu’un homme des Benou-Israïl avait demandé à l’un de ses concitoyens de lui prêter mille dinars. Ce dernier les lui prêta, puis il se rendit vers la mer et n’y trouvant pas de navire, il prit une poutre, la creusa, y mit les milles dinars et la lança dans la mer. L’homme qui avait prêté cet argent s’étant rendu sur le bord de la mer, y trouva la poutre et l’apporta à sa famille comme bois à brûler. Et, ajoute le narrateur après avoir achevé l’histoire, lorsque l’homme débita la poutre, il y trouva l’argent. »




CHAPITRE LXVI. – Le cinquième est à prélever sur les objets enfouis dans le sol. – Mâlik et Ibn-Idris ont dit : « Le rikâz, c’est-à-dire l’objet enfoui dans le sol avant l’islamisme, qu’il soit abondant ou non, paie le cinquième. Une mine n’est pas un rikâz. » — Le Prophète a dit : « Pour les mines, pas de responsabilité en cas d’accident ; pour les rikâz, impôt du cinquième. » — ‘Omar-ben-‘Abdelaziz prélevait cinq pour deux cents sur le produit des mines. – El-Hasan a dit : « Le rikâz trouvé en terre de conquête est soumis au cinquième ; celui trouvé en terre de capitulation doit payer la dîme (le dixième). Si vous trouvez un objet perdu en pays ennemi, faites-le savoir ; s’il appartient à un ennemi, il est passible du cinquième. » — Certain auteur a dit que la mine est un rikâz analogue à celui des temps antéislamiques, puisqu’on dit en parlant d’une mine, arkaza, pour exprimer qu’on en a extrait quelque chose. Comme on objectait à cette personne que l’on se sert de arkaza également pour dire de quelqu’un qu’il a reçu une chose en don, qu’il a fait un profit considérable ou qu’il a eu abondance de fruits, il détruisit la portée de ces paroles en disant : « Il n’y a aucun mal à dissimuler (l’exploitation d’une mine) et à ne pas payer le cinquième. »

D’après Abou-Horaïra, le Prophète a dit : « Le propriétaire d’un animal, celui d’un puits, celui d’une mine, ne sont pas responsables des accidents. Le rizâk doit payer le cinquième. »




CHAPITRE LXVII. – De ces mots du Coran : « … à ceux qui les recueillent… » (sourate IX, verset 60.) Du règlement des comptes des collecteurs avec l’imam.

Abou-Homaïd-Es-Sâ’idi a dit : « L’ Envoyé de Dieu avait chargé un homme des Asd de percevoir l’impôt des Benou-Solaïm. Cet homme, qu’on appelait Ibn-El-Lotbiyya, vint trouver ensuite le Prophète qui régla ses comptes avec lui. »


CHAPITRE LXVIII. — De l’usage des chameaux de dîme et de leur lait pour les voyageurs.

D’après Anas, des gens de ‘Oraïna ne voulant plus rester à Médine, l’ Envoyé de Dieu les autorisa à aller vers les chameaux provenant de la dîme, à boire le lait de ces animaux et leur urine. Ces gens tuèrent le berger et emmenèrent les chameaux. L’ Envoyé de Dieu envoya à leur poursuite et, quand on les eût amenés, il leur fit couper les mains, les pieds, et crever les yeux, les laissant ainsi dans un désert pierreux où ils mordaient les pierres.

CHAPITRE LXIX. – L’imam doit marquer de sa main les chameaux de dîme.

Anas-ben-Mâlik a dit : « Un mation je m’étais rendu auprès de l’ Envoyé de Dieu, emmenant avec moi ‘Abdallah-ben-Abou-Talha, afin que le Prophète mâchât une datte et la mît dans la bouche de mon compagnon.
« Je trouvai le Prophète tenant à la main le fer avec lequel il marquait les chameaux de dîme. »




CHAPITRE LXX. – De l’obligation de l’aumône de la rupture du jeûne. – Abou-‘l-Âliya, Atâ et Ibn-Sîrîn estiment que l’aumône de la rupture du jeûne est d’institution canonique.

Ibn-‘Omar a dit : « L Envoyé de Dieu a fixé de la rupture du jeûne à une mesure de dattes ou une mesure d’orge. Elle doit être faite par chaque esclave, individu libre, mâle, femelle, jeune et âgé des musulmans. Il a, en outre, ordonné qu’elle serait remise avant que les fidèles ne se rendissent à la prière. »




CHAPITRE LXXI. – De l’aumône de la rupture du jeûne pour l’esclave ou tout autre musulman.

D’après Ibn-‘Omar, l’ Envoyé de Dieu a fixé l’aumône de la rupture du jeûne à une mesure de dattes ou une mesure d’orge pour chaque personne livre ou esclave, homme ou femmes des musulmans.




CHAPITRE LXXII. – L’aumône de la rupture du jeûne est d’une mesure d’orge.

Abou-Sa’îd a dit : « Comme aumône, nous donnions à manger une mesure d’orge. »




CHAPITRE LXXIII. – L’aumône de la rupture du jeûne est d’une mesure de froment.

Abou-Sa’îd-El-Khodry a dit : « Comme aumône de la rupture du jeûne, nous donnions une mesure de froment ou une mesure d’orge, ou une mesure de dattes, ou une mesure de lait caillé, ou une mesure de fruits secs.

CHAPITRE LXXIV. – L’aumône de la rupture du jeûne est d’une mesure de dattes.

‘Abdallah-ben-‘Omar a dit : « Le Prophète avait ordonné que l’aumône de la rupture du jeûne fût d’une mesure de dattes ou d’une mesure d’orge. Des fidèles, ajoute ‘Abdallah, donnèrent comme équivalent deux modd de froment. »




CHAPITRE LXXV. – Une mesure de fruits secs.

Abou-Sa’îd-El-Khodry a dit : « Du temps du Prophète nous donnions comme aumône une mesure de froment, ou une mesure de dattes, ou une mesure d’orge, ou une mesure de fruits secs. Au temps de Mo’âwia, quand il y eut du froment, ce khalife dit : « J’estime qu’un modd de ceci (le froment) en vaut deux de cela. »




CHAPITRE LXXVI. – (Du payement) de l’aumône avant (la prière de) la fête.

D’après Ibn-‘Omar, le Prophète ordonna de payer l’aumône de la rupture du jeûne avant que les fidèles se rendissent à la prière. »

Abou-Sa’îd-El-Khodry a dit : « Du temps du Prophète nous donnions, le jour de la rupture du jeûne, une mesure de ce que nous mangions ; et il ajoute : nous nous nourrissions alors d’orge, de fruits secs, de lait caillé et de dattes. »

CHAPITRE LXXVII. – L’aumône de la rupture du jeûne est due par l’homme libre et l’esclave. – Au sujet des esclaves faisant le commerce, Ez-Zohri a dit : « Ils payeront la dîme pour le commerce et ils donneront l’aumône pour la rupture du jeûne. »

 Ibn-‘Omar a dit : « Le prophète a fixé le chiffre de l’aumône de la rupture du jeûne — ou, suivant une variante : du ramadan. C’est pour l’homme, la femme, l’individu libre et l’esclave, une mesure de dattes ou une mesure d’orge. » Les fidèles remplacèrent cela par une demi-mesure de froment. Ibn-‘Omar donnait des dattes. Les gens de Médine ayant manqué de dattes, donnèrent de l’orge.
Ibn-Nâfi’ dit : « Ibn-‘Omar donnait pour le grand et pour le petit, au point qu’il lui arriva de donner pour mes enfants, Ibn-‘Omar donnait l’aumône aux collecteurs et on la distribuait un jour ou deux jours avant la rupture du jeûne. »




CHAPITRE LXXVIII. — L’aumône de la rupture du jeûne est due par les âgés et les jeunes.

Ibn-‘Omar a dit : « Le Prophète fixa le chiffre de l’aumône de la rupture du jeûne à une mesure d’orge ou à une mesure de dattes pour le jeune et pour l’âgé, pour l’individu libre et l’esclave. »

134. Jaber a rapporté que le Messager de Dieu sallallah a dit: «Toute bonne action est une aumône». (Mouslim et Al Boukhâri)

135. Toujours selon Jaber, le Messager de Dieu saws a dit: «Toutes les fois qu’un musulman plante un arbre, il se voit inscrire une aumône pour tout fruit qu’on en mange. Même ce qui est volé ou ce qui s’en perd est compté pour lui comme une aumône»

Dans une autre version de Mouslim: «Toutes les fois qu’un musulman plante un arbre et qu’un être humain, une bête ou un oiseau en mangent, il se voit inscrire autant d’aumônes jusqu’au jour de la Résurrection». Dans une autre version: « Toutes les fois qu’un musulman plante un arbre ou sème un champ et qu’un âtre humain, une bête ou autre en mangent, il se voit inscrire autant d’aumônes.»

138. Selon ‘Abdullâh Ibn ‘Amr Ibn , le Messager de Dieu saws a dit: «Il y a quarante bonnes actions dont la plus haute est le fait de prêter à son prochain une chèvre pour le faire profiter de son lait. Tout être qui fait l’une de ces bonnes actions dans l’espoir de la récompense de Dieu et confiant dans ce que Dieu lui en a promis, Dieu l’introduis à cause d’elle au Paradis».

140. Selon Anas , le Messager de Dieu saws a dit: «Dieu est assurément satisfait de celui qui mange quelque chose et Lui en rend grâce ou boit quelque chose et Lui en rend grâce». (Mouslim)

141. Selon Abou Moussa , le Prophète saws a dit: «Chaque Musulman est redevable d’une aumône». On dit: «Et s’il n’en a pas les moyens?» Il dit: «Il travaille de ses deux mains. Il se fait ainsi du bien à lui-même et peut faire l’aumône». On dit: «Et s’il en est incapable?» Il dit: «Il aide autrui à atteindre ce qui lui tient à cœur». On dit: «Et s’il en est incapable? » Il dit: «Il prescrit le bien» On dit: «Et s’il ne le fait pas?» Il dit: «Il s’abstient de faire le mal et c’est déjà pour lui une aumône». (URA)