Des Ablutions

TITRE IV
DES ABLUTIONS

CHAPITRE I – De ce qui est rapporté au sujet de ces mots du Coran : « Ô vous qui croyez, quand vous allez accomplir la prière, lavez-vous le visage ainsi que les mains jusqu’aux coudes ; frottez-vous la tête et les pieds jusqu’aux chevilles » (sourate V, verset 8).

El-Bokhâri ajoute : « Le Prophète a expliqué que la prescription des ablutions était d’une fois pour chaque partie du corps. Cependant il y procéda lui-même deux ou trois fois pour chaque partie du corps sans dépasser le chiffre trois. Les gens de science réprouvent l’exagération et aussi qu’on fasse plus que ne faisait le Prophète lui-même. »

CHAPITRE III. – Sur le mérite des ablutions mineures et de ceux qui,  auront des marques lumineuses sur leurs meumbres du fait de ces ablutions.

D’après Sa’îd ben Abu Hilâl, Nu’aym-ben-El-Mujmir rapportèrent : « Comme j’étais monté sur la terrasse de la mosquée (de Médine) en compagnie de Abou-Horaïra, celui-ci fit ses ablutions mineures et dit : « J’ai entendu le Prophète saws prononcer ces paroles : « Lorsque les gens de mon peuple seront appelés au jour de la Résurrection, ils auront au front et aux mains des marques brillantes, traces de leurs ablutions. Que celui d’entre vous qui pourra agrandir ses marques brillantes, le fasse. »

CHAPITRE VII. – Du lavage de la figure avec les deux mains au moyen de l’eau puisée dans une seule main.

Ibn-‘Abbâs, au rapport de ‘Atâ-ben-Yasâr, fit ses ablutions de la manière suivante : Il se lava d’abord le visage : pour cela il puisa de l’eau dans une seule main, se rinça la bouche, puis le nez en reniflant de l’eau. Il puisa de nouveau avec une seule main et réunissant cette main à l’autre de cette façon, il se lava le visage. Il reprit de l’eau d’une seule main, s’en lava la main droite, fit de même ensuite pour la main gauche. Après cela il se frotta la tête, reprit encore de l’eau dans une seule main et s’en aspergea le pied droit jusqu’à ce qu’il l’eût lavé. Il procéda de la même manière pour le pied, c’est-à-dire le pied gauche. Cela fait, il dit : « C’est ainsi que j’ai vu l’Envoyé de Dieu pratiquer ses ablutions. »

CHAPITRE X. – Du fait de placer de l’eau dans les cabinets d’aisance.

Ibn-‘Abbâs rapporte que le Prophète entra un jour aux cabinets d’aisance. Comme je lui avais disposé de l’eau pour les ablutions, il demanda qui avait mis cette eau là. Quand on lui dit que c’était moi, il s’écria : « Ô mon Dieu, instruis-le dans la religion. »

CHAPITRE XV. – De l’emploi de l’eau pour se nettoyer (après un besoin naturel).

Anas-ben-Mâlik a dit : « Chaque fois que le Prophète sortait pour aller satisfaire un besoin naturel, je l’accompagnais ainsi qu’un serviteur et nous emportions un vase plein d’eau. » — « Anas, dit Hichâm, voulait faire entendre que cette eau servait au Prophète à se nettoyer. »

CHAPITRE XVI. – De celui avec qui on emporte de l’eau pour qu’il se nettoie. — Abou-‘d-Derdâ a dit : « N’y a-t-il pas parmi vous celui qui portait les deux sandales, l’eau pour les ablutions et le coussin (du Prophète) ? »

Anas a dit : « Quand le Prophète sortait pour aller satisfaire un besoin naturel, je le suivais ainsi qu’un de nos serviteurs et nous emportions un vase rempli d’eau. »

CHAPITRE XXXII. – De la recherche de l’eau lustrale quand le moment de la prière est venu. — ‘Aïcha a dit : « L’heure de la prière (du matin) étant venue, on chercha vainement de l’eau, on n’en trouva pas ; c’est alors que fut révélée la lustration pulvérale. »

Anas-ben-Mâlik a dit avoir vu le fait suivant : « Un jour, l’heure de la prière de l’après-midi étant venue, les fidèles cherchèrent vainement de l’eau lustrale sans en trouver. On apporta à l’Envoyé de Dieu, qui était là, de l’eau lustrale. Après avoir plongé la main dans le vase, il ordonna aux fidèles de se servir de cette même eau pour les ablutions. Alors, je vis l’eau sourdre de dessous les doigts du Prophète en sorte que du premier au dernier chacun pu faire ses ablutions.

CHAPITRE XXXIII. – De l’emploi (pour les ablutions) de l’eau qui a servi à laver les cheveux d’un homme. — ‘Atâ ne voyait aucun mal à employer les cheveux (humains) pour en faire des ficelles ou des cordes. — De l’eau dans laquelle les chiens ont bu et du passage de ces animaux dans la mosquée. –

Ez-Zohir a dit : « Lorsqu’un chien a lapé dans un vase et qu’on n’a pas d’autre eau lustrale que celle-là on peut s’en servir pour les ablutions. » Sofyân a dit : « Telle est la vraie doctrine, car Dieu a dit : … « et que vous n’ayez pas trouvé d’eau, faites alors la lustration pulvérale » (sourate V, verset 9). Cette eau, sur la pureté de laquelle on a des doutes, peut servir aux ablutions à la conditions de faire ensuite la lustration.  pulvérale. »
Ibn-Sirîn rapporte qu’il dit à ‘Obaïda : « Nous avons des cheveux du Prophète ; ils nous sont parvenus par Anas ou par la famille d’Anas. — Posséder un seul cheveu de lui, s’écria ‘Obaïda, me ferait plus de plaisir que d’avoir le monde entier et tout ce qu’il contient. »

D’après Anas, lorsque l’Envoyé de Dieu se fut fait raser la tête (au pèlerinage d’adieu), Abou-Talha fut le premier à ramasser de ses cheveux.

CHAPITRE XXXIII bis. – Quand un chien a bu dans le vase de l’un de vous, qu’il lave ce vase sept fois.

D’après Abou-Horaïra, l’Envoyé de Dieu a dit : Lorsqu’un chien a bu dans le vase de l’un d’entre vous, que celui-ci lave ce vase sept fois. »

Selon Abou-Horaïra on tient du Prophète qu’un homme vit un chien tellement altéré qu’il mangeait de la terre humide. Prenant alors sa bottine, cet homme s’en servi pour puiser de l’eau qu’il offrit au chien et répéta ce manège jusqu’à ce que l’animal se fût désaltéré. Dieu sut gré à cet homme et le fit entrer au Paradis.

‘Abdallah-ben-‘Omar a dit : « Au temps de l’Envoyé de Dieu, les chiens allaient et venaient par toute la mosquée et pourtant on n’aspergeait rien de tout cela. »

‘Adi-ben-Hâtim a dit : « Comme j’avais interrogé le Prophète, il me répondit : « Lorsque tu lances ton chien bien dressé sur une pièce de gibier et qu’il la tue, tu peux la manger. Mais s’il en a mangé, abstiens-toi, car il ne l’a prise que pour son propre compte. — Mais, répliquai-je, si je lance mon chien et que j’en trouve (ensuite) un autre avec lui ? — Alors ne mange pas de ce gibier, parce que, quand tu as dit : « Au nom de Dieu, tu l’as fait pour ton chien et non pour un autre chien. »

CHAPITRE XL. – De l’emploi de l’eau restée dans un vase ayant servi aux ablutions de quelqu’un. — Djarîr-ben-‘Abdallah donna l’ordre à ses femmes de faire leurs ablutions avec l’eau qui restait dans le vase où il avait lavé son frottoir pour les dents.

Abou-Djohaïfa a dit : « Le Prophète vint nous trouver vers le milieu du jour ; on lui apporta de l’eau pour faire ses ablutions. Quand il eut fini, les fidèles se mirent à prendre l’eau qui restait et à s’en frotter. Le Prophète pria deux reka’ pour la prière de midi et deux reka’ pour celle de l’après-midi. Il avait devant lui une pique (fichée en terre). »

Abou-Mousa a dit : « Le Prophète demanda un bol plein d’eau : il se lava le visage et les deux mains avec cette eau et rejeta de l’eau avec sa bouche dans le bol. Puis il dit à ses deux compagnons : « Buvez de cette eau et répandez-en sur vos visages et sur vos poitrines. »

Mahmoud-ben-Er-Rebî raconte que Ibn-Chihâb a dit que c’était lui, Mahmoud, à qui l’Envoyé de Dieu avait lancé de l’eau avec sa bouche ; il était alors enfant et l’eau provenait de leur puits.

‘Orwa, d’après El-Misouar et un autre, qui se confirmait réciproquement, a dit : « Lorsque le Prophète faisait ses ablutions les fidèles se disputaient violemment l’eau qui restait (dans son vase à ablutions). »

Es-Sâïb-ben-Yezîd a dit : « Ma tante maternelle m’avait emmené chez le Prophète. « Ô Envoyé de Dieu, lui dit-elle, voici le fils de ma soeur qui a la plante des pieds endolorie. » Le Prophète me passa la main sur la tête et appela sur moi les bénédictions du Ciel. Ensuite il fit ses ablutions et je bus le reste de l’eau (dont il s’était servi). Puis je me tins debout derrière lui et j’aperçus le sceau de la prophétie entre ses omoplates ; ce sceau ressemblait au bouton d’une tapisserie.

CHAPITRE XLI. – De celui qui se rince le nez et la bouche avec l’eau qu’il a puisée dans le creux de sa main.

Yahya-ben-‘Omâra rapporte que ‘Abdallah-ben-Zeïd vida de l’eau du vase sur ses deux mains et les lava. Ensuite il se lava (la bouche) — ou se la rinça — et le nez avec l’eau recueillie en une seule fois dans la paume de sa main. Il répéta cela trois fois, lava son visage trois fois, puis ses deux mains jusqu’aux coudes à deux reprises différentes, se frotta la tête en allant d’avant en arrière et d’arrière en avant, se lava les deux pieds jusqu’aux chevilles et dit : « Telle était l’ablution de l’Envoyé de Dieu ».

CHAPITRE XLIII. – De l’ablution faite par un homme avec sa femme. De l’eau qui reste des ablutions de la femme. — ‘Omar fit ses ablutions avec de l’eau chaude et dans la maison d’une chrétienne.

‘Abdallah-ben-‘Omar a dit : « Au temps de l’Envoyé de Dieu, les hommes et les femmes faisaient leurs ablutions ensemble. »

CHAPITRE XLV. – De l’emploi pour la lotion et l’ablution de sa bassine, de cruche, de vases en bois et en pierre.

Homaid rapporte que Anas lui a dit : « L’heure de la prière étant venue, ceux dont la maison était proche se rendirent dans leurs familles (pour y faire leurs ablutions), mais un certain nombre de fidèles restèrent. On apporta à l’Envoyé de Dieu une bassine en pierre remplie d’eau. La bassine était trop petite pour qu’on pu y étendre la main. Tous les fidèles présents firent cependant leurs ablutions. « Et combien étiez-vous, dîmes-nous à Anas ? — Quatre-vingts et même d’avantage », répondit-il. D’après Abou-Mousa, le Prophète se fit apporter une cruche contenant de l’eau ; il lava ses deux mains, son visage avec l’eau de ce vase et y lança de l’eau de sa bouche.

‘Abdallah-ben-Zeïd a dit : « L’Envoyé de Dieu étant venu nous trouver nous lui présentâmes de l’eau dans un bassin en cuivre. Il fit ses ablutions se lavant le visage trois fois, les deux mains deux fois, se frottant la tête d’avant en arrière et d’arrière en avant et se lavant les deux pieds. »

‘Aïcha a dit : « Lorsque le Prophète fut affaibli et que son mal eut empiré, il demanda à ses femmes la permission de passer le temps de sa maladie dans mon appartement. La permission lui ayant été donné, il se rendit chez moi, ses pieds traînant sur le sol, mais soutenu par deux hommes, ‘Abbâs et une autre personne. Comme, dit ‘Obaïd-Allah, je racontai cela à ‘Abdallah-ben-‘Abbâs, il me demanda : « Sais-tu qui était cette autre personne ? «  » » Non, répondis-je. — C’était, répliqua-t-il, ‘Ali-ben-Abou-Tâlib. »

‘Aïcha racontait encore que le Prophète, après avoir gardé la chambre et avoir été gravement malade, dit : « Versez sur moi l’eau de sept outres dont les cordons n’ont pas été dénoués ; peut-être serai-je à même ensuite de faire des recommandations aux fidèles. » On le fit alors asseoir dans une bassine appartenant à Hafsa, une des femmes du Prophète. Puis nous nous mîmes à lui verser de l’eau de ces outres jusqu’à ce qu’il commença à nous faire signe que c’était assez. Il sortit ensuite pour aller au milieu des fidèles.

CHAPITRE XLVI. – De l’ablution faite avec l’eau contenue dans un broc.

Yahya-ben-‘Omâra a dit : « Mon oncle paternel employait beaucoup d’eau dans ses ablutions. Un jour il dit à ‘Abdallah-ben-Zeïd : « Apprends-moi comment tu as vu l’Envoyé de Dieu faire ses ablutions ». ‘Abdallah demanda alors un broc plein d’eau ; il versa de ce liquide sur ses deux mains et les lava trois fois. Il plongea ensuite sa main dans le broc, se rinça la bouche et le nez à trois reprises différentes avec l’eau qu’il en retira en une seule fois. Plongeant de nouveau la main dans le broc, il y puisa de l’eau et se lava le visage trois fois. Après cela il se lava deux fois les mains jusqu’aux coudes, prit de l’eau avec ses deux mains, se frotta la tête promenant ses deux mains d’avant en arrière puis d’arrière en avant. Enfin il se lava les deux pieds. « Telle est, ajouta-t-il, la façon dont j’ai vu le Prophète faire ses ablutions. »

D’après Anas, le Prophète demanda un vase rempli d’eau ; on lui apporta un bol peu profond où il y avait un peu d’eau et il y plongea ses doigts. « Aussitôt ajoute, Anas, je vis l’eau sourdre d’entre ses doigts. J’évalue de soixante-dix à quatre-vingts le nombre de ceux qui firent leurs ablutions (avec cette eau). »

CHAPITRE XLVII. – De l’ablution avec un modd.

‘Anas a dit : « Le Prophète lavait (son corps) ou se lavait, avec un sâ d’eau et allait jusqu’à cinq modd ; il faisait ses ablutions avec un seul modd. (Le modd est une mesure de capacité équivalant à un quart de sâ qui lui-même contient cinq rotl)

Du fait de passer sa main (humide) sur ses bottines.

D’après Sa’d-ben-Abou-Waqqâs, le Prophète passa sa main humide sur ses bottines. ‘Abdallah-ben-‘Omar ayant interrogé son père à ce sujet, celui-ci répondit : « Oui, c’est exact. D’ailleurs quand Sa’d a rapporté une tradition sur le Prophète, il est inutile de chercher une autre information. »

El-Moghîra-ben-Cho’ba rapporte que l’Envoyé de Dieu étant sorti pour satisfaire un besoin naturel, il le suivit en portant un vase plein d’eau. El-Moghîra versa de l’eau au Prophète quand celui-ci eut satisfait ses besoins. Le Prophète fit ses ablutions et passa sa main humide sur ses bottines.

Dja’far-ben-‘Amr-ben-Omayya-Edh-dhamri tenait de son père que celui-ci avait vu le Prophète passer sa main humide sur ses bottines. »

CHAPITRE L. – De celui qui ne fait pas ses ablutions après avoir mangé de la chair de mouton ou de sawîq (le sawîq consiste en orge ou blé torréfié, puis moulu, qu’on mange ensuite en le mêlant à de l’eau, du lait ou du bouillon.). — Abou-Bakr, ‘Omar et ‘Otsmân, ayant mangé de la viande, ne firent pas leurs ablutions avant de prier.

D’après ‘Abdallah-ben-‘Abbâs l’Envoyé de Dieu, ayant mangé de l’épaule de mouton, fit sa prière sans procéder à l’ablution.

‘Amr-ben-Omayya rapporte qu’il vit l’Envoyé de Dieu dépecer une épaule de mouton, puis, comme on appelait à la prière, il jeta son couteau et pria sans faire d’ablutions.

CHAPITRE LI. – De celui qui se rince simplement la bouche après avec mangé du sawîq et ne fait point ses ablutions.

Sowaïd-ben-En-No’mân rapporte qu’il partit avec l’Envoyé de Dieu, l’année de Khaïbar. « Arrivés à Es-Sahbâ, ajoute-t-il, la localité la plus proche de Kbaïbar, le Prophète fit la prière de l’après-midi ; puis demanda des vivres ; or comme on n’avait apporté que du sawîq, il donna l’ordre de le mouiller d’eau, et, cela fait, il en mangea. Nous mangeâmes nous-mêmes ensuite, puis l’Envoyé de Dieu fit la prière du coucher du soleil. Il s’était contenté de ses rincer la bouche sans faire ses ablutions et nous fîmes comme lui ».

D’après Maïmouna, le Prophète mangea chez elle de l’épaule de mouton et fit la prière sans pratiquer d’ablutions

CHAPITRE LII. – Doit-on rincer la bouche après avoir bu du petit lait ?

Selon Ibn-‘Abbâs, l’Envoyé de Dieu, ayant bu du petit lait, se rinça la bouche et dit : « Certes le petit lait contient des matières impures (il s’agit des matières graisseuses qui montent à la surface du petit lait). »

CHAPITRE LIV. – De l’ablution quand aucune impureté accidentelle n’est survenue.

Anas a dit : « Le Prophète faisait ses ablutions avant chaque prière ». Et, comme ‘Amr-ben-‘Âmir demandait à Anas comment ils faisaient eux-mêmes, celui-ci répondit : « Chacun de nous se contentait d’une seule ablution tant qu’une impureté accidentelle ne survenait pas. »

Sowaïd-ben-En-No’mân a dit : « Nous partîmes avec l’Envoyé de Dieu, l’année de Khaïbar. Lorsque nous fûmes arrivés à Es-Sahbâ, l’Envoyé de Dieu fit avec nous la prière de l’après-midi. Cette prière terminée, il demanda à manger et on n’apporta que du sawîq. Nous mangeâmes et bûmes, puis le Prophète se leva pour la prière du coucher du soleil. Il se rinça la bouche et dirigea la prière du coucher du soleil sans faire d’ablutions. »

CHAPITRE LV. – C’est une faute grave que de ne pas se garer (des taches) de son urine.

Ibn-‘Abbâs a dit : « Passant près d’un des jardins enclos de Médine — ou de la Mecque — Le Prophète entendit deux hommes que l’on tourmentait dans leur tombeau. « Ces deux hommes, dit-il, sont tourmentés, mais non pour un fait important. » Puis il ajouta : « Loin de là ! car l’un d’eux ne se garait point (des tâches) de son urine, et l’autre (allait) colporter des médisances. » S’étant fait apporter une branche de palmier, le Prophète la rompit en deux morceaux et planta chacun d’eux sur chacune des deux tombes. Et comme on lui disait : « Ô Envoyé de Dieu, pourquoi as-tu fait cela ? » Il répondit : « Il se peut que leurs tourments soient allégés tant que ces branches ne seront pas desséchées — ou jusqu’à ce que ces branches soient desséchées. »

CHAPITRE LVI. – De ce qui est rapporté au sujet du fait de laver (les impuretés par) l’urine. — Le Prophète, en parlant de l’homme du tombeau, a dit qu’il ne s’était pas garé des taches de son urine ; mais il n’a pas parlé que de l’urine humaine.

Anas-ben-Mâlik a dit : « Chaque fois que l’Envoyé de Dieu allait satisfaire un besoin naturel, je lui apportais de l’eau pour se laver. »

CHAPITRE LVI bis.

D’après Ibn-‘Abbâs le Prophète, passant auprès de deux tombes, dit : « On tourmente les deux morts enterrés ici, mais ce n’est point  pour une chose importante, car l’un d’eux ne se garait pas des taches d’urine et l’autre colportait des médisances. » Le Prophète prit ensuite une branche de palmier encore verte ; il la fendit en deux et planta chacun des morceaux sur un des tombeaux. « Pourquoi agis-tu ainsi, lui demanda-t-on ? — Dans l’espoir, répondit-il, que peut-être leurs tourments seront allégés tant que ces branches ne seront pas desséchées. »

CHAPITRE LVIII. – Du fait de verser de l’eau sur l’urine dans la mosquée.

Abou-Horaïra a dit : « Un Arabe se mit à uriner dans la mosquée. Les fidèles l’appréhendèrent à l’envi, mais le Prophète leur dit : « Laissez-le faire et versez ensuite un sceau d’eau — ou une jatte d’eau — sur cette urine. Vous n’avez d’autre mission que de rendre toute chose facile et non de rendre les choses pénibles. »

Anas-ben-Mâlik a dit : « Un Arabe entra dans la mosquée et se mit à uriner sur un point du sol. Les fidèles le bousculèrent, mais le Prophète les retint. Quand l’homme eût fini d’uriner, le Prophète donna l’ordre d’apporter une jatte d’eau et la répandit sur l’endroit souillé. »

CHAPITRE LIX. – De l’urine des enfants.

‘Aïcha, la mère des Croyants, a dit : « On amena au Prophète un jeune enfant qui urina sur les vêtements du Prophète. Ce dernier demanda de l’eau et la fit simplement couler sur l’étoffe à l’endroit souillé. »

Omm-Qaïs-bent-Mihsan rapporte qu’elle apporta un jour au Prophète un de ses enfants qui ne mangeait pas encore. Le Prophète le fit asseoir dans son giron ; puis, l’enfant ayant uriné sur son vêtement, il demanda de l’eau et en aspergea l’endroit souillé, mais sans le laver

CHAPITRE LXII. – Du fait d’uriner auprès d’un tas d’immondices.

Abou-Wâïl a dit : « Abou-Mousa-El-Ach’ari se montrait sévère sur la question d’uriner ; il rappelait que chez les Benou-Israël tout vêtement souillé par l’urine était mis en pièces. « Plût au ciel, ajoute Hodzaïfa, que Abou-Mousa, se fut montré plus modéré, car l’Envoyé de Dieu s’approcha un jour d’un tas d’immondices et urina dessus en restant debout. »

CHAPITRE LXIII. – Du lavage des traces de sang.

Asmâ a dit : « Une femme vint trouver le Prophète et lui posa la question suivante : « Quand l’une de nous tache son vêtement du sang de ses menstrues, comment penses-tu qu’elle doive faire ? — Tout d’abord, répondit-il, frotter à sec l’endroit souillé, puis elle le mouillera d’eau et le lavera ; elle pourra prier ensuite tout en gardant ce vêtement. »

‘Aïcha a dit : « Fâtima-bent-Hobaïch alla trouver le Prophète et lui dit : « Ô Envoyé de Dieu, je suis sujette à des pertes prolongées si bien que je ne suis jamais en état de pureté. Dois-je m’abstenir de la prière ? — Non, répondit l’Envoyé de Dieu, cet écoulement est uniquement le fait d’une veine (rompue) et non des menstrues. Lorsque tes menstrues apparaîtront, cesse de faire la prière, et aussitôt qu’elles s’en iront, lave-toi pour faire disparaître le sang et prie. » Suivant un rawa il faut ajouter : « Puis fais l’ablution pour chaque prière jusqu’à ce que revienne le moment des menstrues. »

CHAPITRE LXIV. – On doit laver et frotter (sur les vêtements) les traces de sperme et laver les traces des écoulements provenant de la femme.

‘Aïcha a dit : « Je lavais les impuretés qui souillaient le vêtement du Prophète et souvent, quand il se rendait à la prière, les traces du lavage apparaissaient encore sur son vêtement. »

Solaiman-ben-Yasâr ayant interrogé ‘Aïcha au sujet du sperme qui tombe sur un vêtement, elle répondit ; « Je lavais le sperme qui avait souillé le vêtement de l’Envoyé de Dieu. Il se rendait à la prière avec son vêtement encore empreint de taches d’eau provenant de ce lavage. »

CHAPITRE LXVI. – De l’urine des chameaux, des bêtes de somme, des moutons, et des parcs à bétail. — Abou-Mousa fit la prière dans une maison de poste ayant d’un côté du fumier, tandis que de l’autre côté s’étendait un terrain vague. Et il dit (en montrant ces deux endroits) : « Ici et là, c’est tout un. »

Anas a dit : « Des gens de la tribu de ‘Okl — ou de ‘Oraïna — qui étaient venus voir le Prophète à Médine y tombèrent malades. Le Prophète ordonna qu’on leur fournît des chamelles laitières et leur enjoignit d’en boire à la fois les urines et le lait. Ainsi firent-ils, mais lorsqu’ils furent revenus à la santé, ils tuèrent le berger du Prophète et emmenèrent le troupeau. La nouvelle (de ce méfait) parvint au Prophète au commencement de la journée ; il envoya aussitôt à leur poursuite et au milieu du jour on les ramenait. Il ordonna de couper à ces gens les deux mains, les deux pieds et de leur crever les yeux. On les rejeta dans le Harra où ils demandèrent en vain qu’on leur donnât à boire ; personne ne leur en donna. »

Abou-Qilâba a dit : « Ces gens-là avaient volé, tué, abandonné leur foi pour redevenir infidèles et ils avaient déclaré la guerre à Dieu et à son Envoyé. »

Anas a dit : « Avant d’avoir construit la mosquée (de Médine), le Prophète faisait la prière dans les parcs à moutons. »

CHAPITRE LXVII. – Des impuretés qui tombent dans la graisse ou dans l’eau. — Ez-Zohri a dit : « Il n’y a aucun mal à se servir de l’eau que ni son goût, ni son odeur, ni sa couleur n’ont été altérés. » — Hammâd a dit : « Il ne résulte aucun inconvénient de la présence dans l’eau de la plume d’un oiseau mort. » Ez-Zohri, parlant des os provenant d’animaux morts, tels qu’éléphants ou autres, a dit : « J’ai encore connu nombre de savants de la première heure qui usaient de ces os transformés en peignes et en boîtes à parfums et qui ne voyaient aucun inconvénient à cela. » — Ibn-Sirîn et Ibrahîm ont dit : « Le commerce de l’ivoire n’est point répréhensible. »

D’après Maïmouna, le Prophète, interrogé au sujet de graisse dans laquelle une souris était tombée, répondit : « Jetez la souris et toute la graisse qui l’environnait et mangez le reste de votre graisse. »

Selon Maïmouna, le Prophète, interrogé au sujet de graisse dans laquelle une souris était tombée, répondit : « Prenez la souris et la graisse qui l’environnait et jetez le tout. »

Ma’n rapporte que cette tradition lui a été racontée un nombre de fois qu’il ne saurait préciser par Mâlik, l’ayant reçu d’Ibn-‘Abbâs, qui la tenait lui-même de Maïmouna.

D’après Abou-Horaïra, le Prophète dit : « Toute blessure que le musulman recevra en combattant dans la voie de Dieu, reprendra, au jour de la Résurrection, la forme exacte qu’elle avait quand elle fut produite et le sang en coulera de nouveau. Ce sang aura bien la couleur du sang ordinaire, mais son parfum sera celui du musc. »

CHAPITRE LXVIII. – Le fidèle n’urinera pas dans l’eau stagnante.

Abou-Horaïra rapporte qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu prononcer les paroles suivantes : « Nous les derniers