La Médecine prophétique

Plantes

 Ail – Thûm

Est chaud sec au 3ème degré. Il dissipe  les fluatosités ou borborymes. Appliqué sur la peau, il la dénude et l’entame. L’ail pris à l’intérieur modifie les liquides, est emménagogue, favorise l’expulsion des secondines après l’accouchement ; il produit de la céphalagie, nuit à la vue. « O Ali a dit le Prophète Saws à Ali : quant à moi, si l’ange Gabriel ne venait pas me visiter, moi j’en mangerai ».

D’après le Calife Alî, le Prophète saws a défendu de manger de l’ail autrement que cuit. L’ail est excellent pour les tempéraments froids, pour les pituiteux (lymphatiques), les paralytiques ; il tarit le sperme, dissout les vents. Dans les maladies lentes et froides, et dans les piqûres et morsures faites par les animaux venimeux il tient lieu de la thériaque. Appliqué sur le lieu de la morsure de la vipère ou de la piqûre de scorpion, il produit d’heureux effets. Au moyen de l’ail on expulse une sangsue arrêtée dans le gosier. En un mot, il a de nombreux avantages. « Que celui qui vient de manger de cette plante, n’approche pas de votre mosquée ». Ces dernières paroles sont du Prophète saws et ont été transmises par Anas, son serviteur. La rue (ruta graveoleus) fait disparaître l’ardeur de l’ail.

L’Aloès – Sabr

Est une plante que l’on soumet au pressoir après l’avoir cueillie ; et, le suc obtenu on le laisse sécher. Le meilleur est apporté de Soccotra, île en Face du rivage du Yémen. L’aloès est chaud sec au 2ème degré. On le mêle comme correctif à d’autres médicaments. Il guérit le gonflement des paupières, les obstructions hépatiques, dissipe l’ictère, est utile dans les ulcérations rectales sur lesquelles on le répand en poudre. Le Prophète saws a dit à un individu en ihrâm pour le pèlerinage et qui se plaignait des yeux : « Mets-y un cataplasme aloëtisé ».

Anis – Anissûm

Est chaud sec ; il calme les douleurs d’entrailles, dissipe les flatuosités ; il provoque le flux menstruel, la sécrétion du lait, la sécrétion du sperme ; il combat l’action délétère des poisons et de venins. L’eau d’anis employée en collyre ramène la netteté de la vue ; aussi, les reptiles, au commencement du printemps, recherchent cette plante et s’y frottent les yeux, car pendant l’hiver la vue des reptiles s’affaiblit.

Arroche – Marzandjûch

Ou la bonne-dame, ou selon d’autre, la rue Sauvage. C’est aussi le sarmak. Le marzandjûch est plutôt la marjolaine, origanum marjorana, et l’origan de crète, origanum créticum. L’arroche est chaude-sèche, dissipe les troubles et embarras du cerveau, dissout le coryza. « Usez de l’arroche, a dit le Prophète Saws : elle est excellente pour rétablir l’odorat ».

Camomille – Bâbûnidj

Elle est de nature sèche au premier degré. La camomille est apéritive, tempérante, émolliente, douée d’une vertu apéritive sans efforts. Telles sont ses propriétés essentielles principales. D’autre part, elle est diurétique et emménagogue, lorsqu’on fait usage de sa décoction en boisson et en bains de siège ; elle aide à l’accouchement et à l’expulsion des secondines. On la fait entrer aussi dans les cataplasmes, les fomentations et dans les lavements excitants.

Canne – Qasab

Il y a la canne à sucre. Elle est chaude-humide, est avantageuse contre la toux, dissipe les humidités, dégage la vessie. Ses propriétés son nombreuses. « Trois choses, disait l’Imam al Châfi’î sont au nombre des médicaments importants : le raisin, le lait de chamelle qui a nouvellement mis bas (liqâh), et la canne à sucre. Et, n’était-ce la canne à sucre, je ne resterais pas dans votre pays ». On a prétendu celui qui suce une canne à sucre, après manger, est en joie toute la journée. Il y a aussi la canne et le roseau de Perse. (C’est le bouz ou grand roseau ordinaire, abondant en Egypte, et dont on emploie, pour écrire, les portions minces. C’est le même dont on se sert dans le Maghreb pour le même usage). Cette canne est froide-sèche, et de peu d’utilité médicale. Le Prophète saws, et ensuite Omar ; ont défendu de s’en servir en cure-dents. Du reste, une tradition dit : «  Se nettoyer (takhallal) les interstices des dents avec la canne, est occasion de prurit aux gencives ».

Carotte – Jazar

Elle est venteuse et échauffante éveille les désirs voluptueux, anime généralement à la copulation, excite l’écoulement des menstrues et de l’urine.

Coloquinte – Hanzal

Est chaude sèche au 3ème degré. On doit en rejeter la graine et l’écorce, et n’employer que le parenchyme mêlé avec l’amande de la pistache. La coloquinte qui s’est développée seule sur un pied de la plante est un poison mortel. La coloquinte amène forcément l’expulsion de la pituite. –L’hypocrite, a dit le Prophète saws, est comme la coloquinte ; point d’odeur, mais saveur amère ».

Coton – Qutn

Est chaud. Il conserve bien la chaleur du corps ; les vêtements de coton tiennent plus chaud que ceux de lin. Le coton vieux mange les chairs mortifiées des blessures.

Cumin – Kammûn

Est chaud. Pris à l’intérieur, il dissipe les coliques violentes et il chasse les vents. Macéré dans du vinaigre et avalé, il détruit l’appétit qui invite à manger de la terre et de la poussière. « Il n’y a  dit la tradition, parmi les choses introduites dans l’intérieur du corps, que le cumin qui ne s’y dénature pas ».

Fenouil – Foeniculum – râziânij

Est sec au troisième degré. Son suc éclaircit la vue, est diurétique et emménagogue. Le fenouil pris avec les aliments augmente la sécrétion du lait. Il entre dans les décoctions maturatives, les tisanes, les poudres ou préparations sèches à prendre en nature.

Fumeterre – Châhtaradj

C’est-à-dire plante du Roi. Elle est chaude-sèche. Sa propriété spéciale est de purifier le sang, d’éliminer les humeurs âcres ; c’est pour cette raison qu’on l’emploie contre la gale, les affections prurigineuses.

Henné

(Fleur de) fâghyah

 Fleurs de lawsonia inarmis. Elles sont utiles dans le traitement des gonflements ou tumeurs aigües. Ces fleurs déposées dans les plis des tissus de laine en écartent les mites ou artisons. Une tradition déclare que la première des senteurs dans ce monde et dans l’autre, est la fâghyah ou la fleur du henné. L’odeur la plus délectable pour le Prophète saws était celle de la fleur du henné.

Jasmin

Jâsimîn

Est chaud-sec. Il est avantageux aux vieillards. Le respirer beaucoup et souvent jaunit (c’est-à-dire pâlit) le teint. L’huile de jasmin réchauffe et ranime. Le jasmin sec et pulvérisé, si on en soupoudre les cheveux ou la barbe. Les fait blanchir.

Lin

Kittân

Le lin donne les vêtements les plus frais et les moins favorables aux insectes pédiculaires. Ses fumigations dissipent le coryza.

Mauve

Khûbbâz

Est froide humide ; c’est un émollient général, un adoucissant dans les maux de gorge. Elle est utile pour la toux, la graine de mauve entre dans les injections et lavements émollients et autres. La décoction de mauve employée en aspersions ou en lotions est avantageuse dans les prurits de l’anus.

Menthe – Na’na’

Est chaude-sèche. C’est la plante la plus agréable des plantes herbacées (buqûl). Elle est stomachique ; elle calme le hoquet, empêche le vomissement, est aphrodisiaque, mise dans le lait, elle l’empêche de tourner.

Moutarde – Khardal

Est chaude sèche au quatrième degré. Elle arrête la pituité. L’usage exagéré de la moutarde amène la cécité : elle dégage les embarras et pesanteurs du cerveau.

Myrte – As

Est froid sec au second degré, il arrête les dévoiements ; respiré, il fait cesser les céphalalgies accompagnées de chaleur ; pilé ou pulvérisé, on l’applique en cataplasmes sur les ulcères, les éruptions cutanées déjà anciennes ; appliqué de même sur les membres, il les fortifie. Le bain de siège pris dans une décoction de myrte est avantageux dans les cas de chute du rectum ou de la matrice. L’huile de myrte noircit les cheveux. L’eau de myrte sert contre les brûlures. On prépare aussi une tisane de myrte et nulle boisson ne produit d’aussi heureux effets, soit contre la toux, soit pour arrêter les diarrhées ; elle n’a comparable alors que la décoction de coings. Avec les baies de myrte, on prépare aussi un électuaire. Une tradition assure que la première plante que planta Noé, au sortir de l’Arche, fut le myrte ; et qu’Adam, lorsqu’il descendit au Paradis ou Eden, avec trois choses : un myrte* qui est le premier des arômes de ce monde ; de la pâte de dattes (‘Ajwa) qui sont les premiers fruits de ce monde ; un épi de blé, qui est le premier des aliments de ce monde.

Narcisse – Nardjis

Est chaud-sec. En aspirer l’odeur par olfaction dissipe les embarras ou pesanteur du cerveau, et est utile dans les accès d’épylepsie. Sa racine provoque le vomissement. Voicici une recommandation du Prophète saws : « Respirez, respirez l’odeur du narcisse ; car il y a dans le cœur (l’intérieur de l’homme) un grain de folie, de lèpre et de baras ou lèpre blanche, que le narcisse enlève ».

Nénuphar – Nawfar

Est froid humide, soporitif ; calmant dans les cas de céphalalgie. Le respirer beaucoup occasionne dans l’esprit des absences, des interruptions de perception. Il épaissit le sperme, fait taire les désirs charnels. La tisane de nénuphar est un engourdissant, et est avantageuse contre la toux. Il ne forme pas de bile.

Oignon

Est chaud et est surabondamment humide. Il est utile de manger de l’oignon lorsque les eaux sont altérées. Il ouvre l’appétit, excite les désirs voluptueux, fait cesser la pituité. Respirer l’odeur de l’oignon lorsque l’on vient de prendre un évacuant, empêche de vomir. Lorsqu’on fait usage avec de la viande, il prévient l’obésité. Un, jour Muâwiya fit à des envoyés d’une tribu arabe un mets préparé aux oignons : « Mangez, dit-il à ses hôtes, mangez de ce produit du sol qui ensuite aient eu à souffrir de l’eau ». Les inconvénients de l’oignon sont occasionnés de la céphalagie, et d’obscurcir la vue. L’excès dans l’usage de l’oignon abruti l’intelligence et éteint la mémoire. Ces conséquences fâcheuses sont amenées par l’usage de l’oignon cru. Le Prophète saws a dit : « Que celui qui a mangé de ce légme (et dans cette appellation il comprend l’oignon et l’ail) ne vienne point vers nous dans notre mosquée ; car les anges souffrent des odeurs qui répugnent aux hommes ».

Orobanche à teindre – Wars

Est chaude sèche au 3ème degré. L’orobanche rouge est la meilleure. On la cultive dans le Yémen. On l’emploi en onctions ou frictions contre les éphélides, les prurits, les éruptions vésiculeuses et pustuleuses. Son usage en boisson, est avantageux dans les macules blanches ou décolorations de la peau. Les vêtements teints à l’orobanche, on un effet aphrodisiaque. Le Prophète Saws recommandait dans la pleurodynie l’huile d’olive et le wars. Umm Salma, une des femmes du Prophète saws a dit : « Une de nous se frottait la figure pour faire disparaître des éphélides (kalaf) ». D’après Al-Bukhâri, le Prophète saws a défendu à tout pèlerin pendant l’ihrâm, de porter des vêtements teints avec le wars ou avec le safran. La raison de cette prohibition est que les vêtements teints de cette manière provoquent les excitations amoureuses et que les émotions voluptueuses sont condamnables cheze le musulman qui est en ihrâm.

Papyrus

Abd-al-Latif dit que c’est médicament que l’ont obtient du tissu des nattes de papyrus ou bardî. Galien cite ce médicament comme anti-hémorrhagique. Nous avons déjà parlé du papyrus.

Pavot – Khachkhâch

Est froid-sec au 2ème degré, narcotique, soporifique.

Poivre – Filfel

Est chaud-sec au 4ème degré. Il échauffe, il dissipe les vents.

Portulaca oleracea – Baklah hamkâ

Est le pourpier (ridjlah farfahh farfyn). Le pourpier est froid et humide il est utile dans les affections bilieuses, surtout s’il est assaisonné de vinaigre, et cela, soit en nourrture, soit en cataplasmes. Il dissipe l’agacement des dents. Il assoupit les désirs vénériens, affaiblit l’appétit. Qui en jette dans son lit, n’aura ni rêve, ni visions voluptueuses. Une tradition rapporte que le Prophète saws ayant une plaie au pied, marcha sur du pourpier, en exprima ainsi du suc qui lui humecta le pied et il fut guéri. « Béni soit Dieu, mon cher enfant, mon cher pourpier, partout où tu seras ». Dit alors le Prophète saws.

Rhubarbe – Râwand

Les uns la considèrent comme étant chaude, les autres comme étant froide.

Riz – Aruz

C’est le grain le plus nourrissant après le froment, et le plus favorable aux humeurs. Les uns prétendent que le riz est chaud-sec les autres qu’il est froid-sec. Il arrête le dévoiements. Quand il est cuit avec le lait, sa propriété astringente est presque nulle. Pris avec du sucre, il passe avec la plus grande facilité dans les intestins, rend le corps florissant, active la sécrétion spermatique. Le riz comme aliment procure des rêves agréables. La farine de riez avec la graisse de reins de chevreau est avantageuse dans les où l’on a administré en excès  un purgatif ; ce moyen est au nombre des médications héroïques. La tradition dit : « La première de vos nourritures, c’est la viande, la seconde c’est le riz ». Aïcha disait : « Le riz est la santé, il ne saurait faire de mal ».

Rose – Ward

Est froide sèche au 2ème degré. La conserve (murabba) est chaude, tonique, et stomachique, facilite la digestion. Celui dont le tempérament cérébral est tel que la chaleur y domine, éternue lorsqu’il flaire la rose. Celui qui a cette maladie, est appelé dju’l. La rose de chine est laxative ; on en fait le sirop de rose de Chine.

Roquette – Jarjîr

Our l’herbe d’Aïcha, ou l’herbe d’Abyssinie, est chaude humide. Elle provoque les appétits vénériens. « La roquette, a dit le Prophète saws, est l’herbe d’Abyssinie il semblerait qu’elle croisse dans le feu ».

Safran – Za’farân

Est chaud sec, exhilariant ; il ranime les esprits vitaux. D’après une tradition, le Prophète saws a défendu au musulman en ihrâm (ou dispositions pieuses pour le pèlerinage) l’emploi de vêtements teints au safran, ou au ouars (orobanche tinctoria). Cette prohibitition repose sur ce que le safran excite les organes des esprits vieux, et pousse ainsi aux plaisirs érotiques ; or, ces plaisirs sont défendus au musulman qui est en ihrâm. Le safran dissipe les douleurs ou coups d’air.

Sariette ou le Thym – Sa’tar – satureia

Est chaude-sèche au 2 degré. Elle chasse les flatuosités, dissout les gonflements gazeux, facilite la digestion des aliments lourds, purifie le teint, anime la sécrétion de l’urine et l’écoulement des menstrues, est utile aux estomacs et aux foies paresseux et froids, éveille l’appétit. Respirée, elle soulage dans le coryza. Prise en boisson, elle tue les lombrics et le habb al-kar’ ou toenia. « Parfumez vos demeures avec la sarriette et l’oliban » a dit le Prophète saws.

Séné – Sana

Est chaud-sec au premier degré, le séné est un des produits qui abondent sur les territoires de la Mecque, que Dieu la grandisse en gloire ! Aussi, les médecins préfèrent le séné mecquois comme supérieur à toutes les autres variétés. Le Prophète saws a dit : « Employez le séné et le sénoût, car en eux, plutôt qu’en toute autre chose, est le remède de toute maladie, excepté la mort ». C’est la même parole que celle que nous avons rapportée précédemment à propos de la nigelle ou graine noire : « Elle est la guérison de toute maladie, excepté la mort ». On veut dire que là est le remède, la guérison du plus grand nombre des maladies. Le séné est le médicament noble, le médicament par excellence, la garantie contre les maux subits. Il fortifie le cœur, évacue sans efforts. C’est en raison de sa supériorité et des nombreux avantages du séné que les médecins l’ont associé et l’associent à la plupart des médicaments ; ainsi, il entre dans les potions laxatives, les préparations par décoction, les pilules, les lavements, les poudres, et cela en considération de sa vertu purgative ou laxative simple et heureuse dans ses effets. Il chasse la bile, l’altrabile, la pituité, il va agir sur les humeurs, jusqu’au fond des articulations ; c’est pour cela qu’on le prescrit utilement dans les douleurs articulaires, qu’on l’ordonne dans les délires légers et les perturbations mentales. Ibn-Sinâ (ou Avicenne) le tient au nombre des cordiaux. Le Prophète saws dit un jour à Asma : « Avec quoi te fais-tu aller ? »C’est-à-dire avec quoi te purges-tu ? Avec le choubrûm, dit-elle. C’est une préparation dangereuse, répliqua-t-il ; c’est un feu brûlant ; prends donc du séné. » Le Prophète saws dit encore : « S’il y avait quelque chose qui pût guérir de la mort, cet arcane merveilleux serait le séné ». Ces paroles frappantes sont une preuve positive, manifeste que le Prophète saws possédait une foule de connaissances. Le Choubrum est un médicament dangereux, un violent drastique, chaud sec au 4ème degré. Les médecins ont renoncé à son emploi, à cause des dangers qu’il faut courir et de la force de son action purgative. Le sénût, est dit-on, le miel ; selon d’autres, c’est un rob ou une conserve des foeces du beurre fondu. Selon Ibn Al A’râbî, est une graine analogue à celle du cumin ; selon d’autres, c’est le cumin de Caravane ou cumin noir ; pour d’autres, c’est le foenculum ou fenouil, ou même l’aneth (chibitt ; d’après d’autres), c’est le miel qui est incorporé ; entre les fines parcelles du beurre fondu auquel on l’a incorporé ; c’est là ce qu’indique le médecin Abd-Al Latif. Il paraît que l’on pulvérise le séné et qu’ensuite on l’incorpore au miel mêlé au beurre fond ; par là, on corrige la sécheresse du séné sans le dépouiller de sa propriété purgative, et de plus, il acquiert de l’humide et l’onctueux . « Trois choses, a dit le Prophète saws, ont la vertu de nous guérir des maladies, la mort exceptée : le séné, le sénût. Le séné, nous le connaissons, répondit alors ; mais qu’est-ce donc réellement le sénût ? Si Dieu eut voulu que vous le connaissiez, reprit le Prophète saws, il vous l’eut fait connaître ».

Et Muhammad qui a rapporté cette conversation ajouta : « J’ai oublié la 3ème des choses qu’indiqua alors le Prophète saws ».

La décoction de séné est préférable au séné concassé pris en nature ; ce dernier s’administre à la dose d’une drachme à 3 drachmes ; la décoction, à la dose de sept à dix drachmes, et le mieux est d’ajouter à cette décoction, des fleurs de violette et du raison sec rouge dépouillé de ses pépins.

D’après Al-Râzî, le séné et la fumeterre éliminent les humeurs âcres et brûlantes et sont utiles dans le traitement de gale, des affections prurigineuses. On prend de ces deux substances, en potion, de quatre drachmes à sept ; c’est un laxatif excellent, mais on y ajoute du raisin sec ou du sucre.

Serpolet – Nammâm

Ou plutôt la menthe des jardins, est de nature chaude-sèche. La menthe des jardins arrête le hoquet que cause la réplétin.

Sésame – Simsim

Est chaude humide. C’est la plante qui a les graines les plus riches en huile. Il est nuisible à l’estomac.

Stoechas – Ostoùukhoudous – Lavendula Stoechas

Est chaud-sec ; il facilite l’évacuation de l’atrabile et de la pituite, est avantageux dans les refroidissements et faiblesses du cerveau. On l’administre en tisane sous le nom de tisane de stoechas. Cette plante entre aussi dans les décoctions excitantes.

Turbith – Turbad

Est chaud sec ; il dégage et évacue la pituite légère. Mêlé à du gingembre, il évacue la pituite épaisse et tenace. Il entre dans les décoctions, des lavements, des injections, des pilules.

Vigne – Karm

Ses avantages ainsi que ceux du dattier, sont nombreux. Une parole du Prophète saws : « La vigne (al-habala, habala) est (en utilité)  l’analogue du dattier ou la sœur du dattier ». sa vertue est de nature froide sèche. La vigne est avantageuse en tonique, sur les engorgements aigus. Le Prophète saws a donné la remarque suivante : « Que personne de vous ne nomme le raisin du nom de karm, karam se dit de l’homme généreux et musulman. Nommez le raisin hablah, habala. ». Le habala est le karm.

Violette – Banafsadj

Est froide humide au premier degré. On prétend aussi qu’elle a une certaine chaleur. La violette respirée, ou employée cataplasme, ou ordonnée en décoction pour bain de siège, calme la céphalgie occassionnée par le sang. Lorsqu’on la boit en infusion, elle est avantageuse dans les fluxions et catarrhes, appaise les douleurs intérieures. On l’emploie en lavement, en infusion, en décoctions, en pastilles, dans les préparations des mèches ou sétons, dans les fomentations et les cataplasmes.

LES FRUITS

 Abricot (michmich ou muchmuch)

Il est froid-humide ; il se gâte promptement. L’eau où on le laisse macérer étanche bien la soif. Il va mieux à l’estomac que la pêche. On l’adjoint aux préparations par digestion.

Banane (mawz)

Est chaude-humide au premier degré. Elle est peu nourrissante. Les gens de tempérament froid la mangent avec du miel. Talh, assure-t-on, est aussi un nom de banane.

Dattes vertes (bousr)

Les dattes vertes sont chaudes, les dattes mûres et fraîches sont froides ; les unes et les autres donnent du ton à l’estomac. « Mangez, a dit le Prophète de Dieu, mangez des dattes fraîches et mûres avec des dattes sèches ; le Diable s’en attriste et dit : « Adam est resté tant qu’il mangea le nouveau avec l’ancien ».

Figue (an).

La meilleure est la figue blanche; elle doit être bien mûre, et être mangée sans la pelure. la figue vents fraîche est préférable à la figue sèche. Du reste, c’est un aliment chaud, très nourrissant, de rapide digestion. C’est le plus substantiel de tous les fruits; il est adoucissant et rafraîchissant; il apaise la soif qu’occasionne la pituite, calme le rhume chronique, augmente la sécrétion de l’urine, dissipe les embarras intestinaux. Mangée à jeun, les figues sont très salutaires,débarrassent et dégagent les canaux digestifs, sur tout lorsqu’on les a mangés avec des amandes ou avec des noix. Abul Darda’ a répété ceci d’après le Prophète: « Si tu me disais qu’il y a des fruits venus du Paradis, . je te dirais que la figue est de ce nombre; parce que les fruits, au Paradis, n’ont pas de noyaux. »  Mangez de la figue, elle guérit les hémorroïdes et est avantageuse aux goutteux. Des médecins ont prétendu que l’usage prolongé des figues engendre sur le corps les parasites pédiculaires. – La figue rougeâtre est mauvaise pour estomac et est peut nourrissante.

La pastèque

‘ » Pastèque (battîkh), La pastèque verte, est froide hu- mide; la pastèque jaune est plutôt chaude; la pastèque abdelli ou pastèque d’Abd-Allah est plus chaude par la raison qu’elle est plus sucrée. Les unes et les autres sont un aliment sain, sont diurétiques, facilement digestibles. La pastèque et surtout les graines, lorsqu’on s’en fait des friction ou des liminents, ou des onctions, effacent les rousseurs ou éphélides du visage. La pastèque aide à la dissolution des calculs rénaux et vésicaux ; elle se transmute en quelque espèce d’humeur que ce soit qu’elle rencontre dans l’estomac. L’écorce de la pastèque jaune, lorsqu’elle est cuite avec la grosse viande, l’attendrit. Quand on mange de la pastèque, il faut que ce soit loin d’une autre nourriture, sinon on risque de s’évanouir, et même de vomir. Lorsqu’elle fait mal, il faut la faire évacuer du corps, car elle se transformerait en une matière nuisible, délétère ; en pareil cas, si l’on ressent du froid, on doit prendre du gingembre. Le Prophète Saws mangeait de la pastèque avec des dattes fraîches ; celle-la chasse la chaleur, celles-ci chassent le froid ; il aimait particulièrement, en fruits le raisin et la pastèque. Mushir, de la tribu des Ghassânides, racontait que son père lui avait dit, en achetant une pastèque : « Mon fils, compte les reliefs ou côtes qu’elle présente à l’extérieur ; si elles sont en nombre impair, il y a gros à parier qu’elle sera douce et sucrée ». D’après Ibn’Abbâs, la pastèque est un aliment, une boisson, et un parfum. Elle lave la vessie, déterge le ventre, augmente la liqueur séminale, pousse au coït, nettoie et purifie l’épiderme, dissipe les langueurs ou affections qui sont produites par le froid et l’humidité et qui amolissent et éteignent les forces coïtales, Ces propriétés me paraissent appartenir plus – particulièrement à la pastèque jaune. – Il faut éviter de manger de la pastèque lorsque la faim est pressante.

La pêche (Idjâs).

Elle est froide-humide, débilitante pour l’estomac, émoliente pour le ventre. Il vaut mieux , la manger avant qu’après le repas. On en fait des sor bets ou boissons, employés avantageusement: contre .les fièvres bilieuses. La  pêche est laxative; elle éteint la soif; elle entre dans les purgatifs préparés par digestion ou par décoction

La prune ( barqûq)

Sa vertu ou action est à peu près semblable à celle de la pêche, dont nous avons parlé.

Le citron ou gros citron, utrudj – citrus medicas

Le Prophète aimait à fixer ses regards sur le citron, et disait: « Tel est le vrai croyant, tel est le citron; et le citron avec une saveur agréable, un parfum excellent. » Le citron acide est froid (rafraîchissant) et sec. On en prépare une boisson acide, d’un effet avantageux pour les estomacs échauffés; elle ranime, fortifie et réjouit coeur, donne de l’appétit, apaise la soif, éveille le besoin de manger, fait cesser les dévoiements bilieux, les vomissements bilieux, les palpitations, chasse le chagrin. – Le suc acide, pris en nature, détruit la couleur des cheveux blanchissants. Les éphélides de la face ; il nuit aux nerfs et à la poitrine. La pulpe blanche est froide, humide, difficile à digérer, mauvaise pour l’estomac. Mangée, elle occasionne des coliques. Les graines, l’écorce, la feuille, la fleur du citron, sont chaudes sèches. Les graines ont une vertu thériacale ; lorsque l’on en écrase un poids de deux mithgâl (équivaut à 4 grammes) et qu’on les mets sur la piqûre du scorpion, ils soulagent ; si l’on en avale deux mithqâl, ils sont utiles contre tout venin et poison. De l’écorce jaune on prépare l’électuaire du citron, employé avantageusement contre les coliques, comme tonique, comme apéritif, comme carminatif. Les fleurs ont des effets plus actifs et plus doux. L’odeur du citron sert avantageusement dans les moments des maladies épidémiques, et dans le cas où l’air est vicié.

Le Nabq (zizyphus nabeca)

Le fruit du sidr est analogue de nature à la nèfle (za’rûr). Il est froid-sec, il fortifie l’individu, tonifie l’estomac. Une parole qui remonte au Prophète saws dit : « Lorsqu’Adam, sur lui soit la grâce de Dieu ! fut abaissé sur la terre, le premier des fruits terrestres qu’il mangea fut le nabq ».

Les pommes (tuffâh)

 Les pommes ont de l’humide en excès. Celles qui sont acides sont plus froides; celles qu’on appelle fadjâdjî ou âpres, pommes vertes ou sauvages, raniment le coeur. On prépare avec les pommes une boisson analeptique; elles sont avantageuses dans les cas de trouble intellectuelle léger. Avec la pomme nabatéenne, on prépare un sirop ou rubb. Les pommes altèrent la mémoire

Raisin (‘Inab)

Le meilleur est le raison non arabe et blanc ; après lui vient le raisin rouge, puis le noir. La chair du raisin est chaude humide ; sa peau et ses pépins ont quelque chose de froid et de sec. Le raisin est nutritif. Lorsqu’il est mûr, il est plus salutaire, et plus louable. Celui ont on a retardé la cueillette est meilleur et préférable, car celui que l’on cueille dès qu’il paraît mûr (et que l’on mange de suite), donne du gonflement et est relachant. Le raisin mangé en trop grande quantité, suscite la soif, on doit donc manger ensuite de la grenade acide. Lorsque l’on rejette les pépins, le raisin engraisse. Le Prophète saws aimait beaucoup le raisin et la pastèque.

LES FRUITS SECS

Amande (lawz)

L’amande douce est avantageuse dans la toux, est rafraîchissante. L’amande amère est chaude, désagrège les calculs vésicaux. D’après un récit d’Aïcha, on apporta du sawîk ou souwîk (sorte de bouillie) avec amandes, au Prophète saws qui le refusa en disant : « C’est là le mets des hommes audacieux et violents, et des gens sensuels et délicats dans les temps qui suivront ».

Dattes sèches (Tamr). Le Calife Ali, que Dieu l’ait en ses bonnes grâces! Disait: « la meilleure datte est la datte birnî », Le Prophète avait déjà dit: « La meilleure de vos dattes est la datte birnî; elle guérit les maladies. La datte birnî. a-t-il dit encore, est un médicament qui ne fait jamais de mal. » Et aussi: « Donnez à manger à vos femmes des dattes sèches; la femme qui mange de ces dattes. donne le jour à des enfants d’une nature bienveillante. » La datte mûre et fraîche fut le met que Dieu donna à Marie. sur elle soient les bénédictions divines; et s’il eût sû un mets meilleur il l’eût donné à Marie. « Secoue. dit Dieu à Marie, secoue le tronc du dattier et il va te laisser tomber des dattes fraîches. mûres. dattes du Paradis. » (Coran Chap. 19, V 16 et suite) – On faisait digérer, pour le Prophète des dattes dans l’eau, et il buvait cette sorte de boisson le matin et plus tard encore; il en faisait donner à boire ou en versait aux autres. Manger des dattes sèches garantit sûrement des coliques. – Le Prophète aimait de préférence la datte’ ajwa; cette variété est supérieure à toutes les autres et nourrit plus généreusement et plus ‘ » complètement, surtout lorsqu’on la mange avec du beurre. L’ajwa. d’après une tradition, est un des fruits  du paradis. Ces derniers dires sont consignés dans la traité de médeCine d’Abû Nu’aym. – Selon d’autres traditions citées par Sa’d fils de Waqqâs et dont la Source remonte au Prophète, celui qui dès le matin mange sept dattes ‘qjwa sèches, sera, pendant la journée à l’abri de tout effet dangereux de magie ou puissance magique et de tout poison ou venin. L’ qjwa est une variété des dattes de Médine; plus grosse que la datte Si- hâni, de couleur tournant au noir. I~’qjwa a été plantée par le Prophète, et par sUite, c’est à l’influence bien- heureuse et bénie du Saint Envoyé, qu’elle doit ses ver- tus bienfaisantes. C’est l’analogue de cet autre fait; Le Prophète déposa deux djérid, ou rameaux de dattier devant le tombeau de deux individus qui étaient tourmentés dans leur dernière demeure; la bienheureuse influence du Prophète qUi plaça là ces deux djérid, adoucit les souffrances de ces deux infortunés.

« L’ajwa de première qualité disait Aïcha, d’après la parole même du Prophète. guérit ». Selon une autre tradition: « L’ajwa est originaire du paradis, et est le remède au poison, » – Il est conforme aux pratiques dont le Prophète a donné l’exemple, de rompre le jeûne au moment canonique, en mangeant des dattes sèches. Ainsi, le Prophète a dit: « Que celui qui trouve à se procurer des dattes sèches, en mange pour rompre le jeûne que celui qui ne trouve pas de dattes sèches rompe le jeûne en buvant de l’eau, car elle purifie. Une maison où il n’y a pas de dattes, n’a que des gens qui ont faim ». La datte sèche est un aliment chaud-sec, aphrodisiaque et cela surtout lorsqu’on la mange avec des amandes de pignons doux. Mais dans le cas d’ophtalmie la datte peut occasionner de la céphalgie et nuit au malade ; aussi le Prophète Saws a-t-il défendu les dattes à Alî qui était atteint d’ophtalmie. Nous aurons à parler de ce fait, s’il plaît à Dieu. Le Prophète saws a défendu de faire digérer ensemble la datte sèche et le raisin sec, ou la datte fraîche et le raisin frais. On remédie aux inconvénients causés par les dattes en mangeant des amandes ou au moyen du pavot.

Noix d’Inde de coco (nârdjîl)

 Le coco est chaud-humide. Le meilleur est celui qui est blanc. Il est aphrodisiaque ; il est utile dans les douleurs dorsales et lombaires.

Pistache (fustuq)

Est chaude humide ; le drupe rouge ou enveloppe qui couvre le noyau est un antivomitif et un anti-diarrhéïque. Manger des amandes de pistache avec du raisin sec, reconforte le cœur.